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Nous avons déjà écrit un long "papier" sur les défaillances de la presse mais celles-ci ne faisant que se renforcer, il est toujours essentiel, vital, crucial de prendre conscience des impacts d'une presse sous contrôle.

Idriss Aberkane appelle régulièrement son audience à se lancer dans le journalisme citoyen.

Nous ne pouvons que rejoindre son appel: écrivez, postez, rédigez vos observations, vos indignations, vos analyses. Faites entendre votre voix.


L'Union européenne face à la montée des exécutifs forts et à la défaillance de la presse.


L?Europe est confrontée à une menace grandissante de dérives sécuritaires et totalitaires de la part des gouvernements qui cherchent à renforcer leur exécutif au détriment des pouvoirs législatifs et judiciaires, réduisant ainsi les libertés et droits fondamentaux des citoyens.


Cette tendance est renforcée par une presse devenue un organe d?Etat qui ne remplit plus son rôle de contre-pouvoir et de garde-fou démocratique, mais qui est devenue le porte-parole de la Doxa gouvernementale.

Ces tendances sont particulièrement préoccupantes dans un contexte où l?Union européenne est confrontée à des défis majeurs tels que sa stabilité et sa souveraineté économique, l'émergence de nouvelles technologies, ses soins de santé et ses systèmes éducatifs de moins en moins qualitatifs. 


Au lieu de chercher des solutions durables et équitables, certains gouvernements choisissent de réduire les libertés et droits fondamentaux des citoyens, tout en renforçant leur emprise sur le pouvoir.

L?une des tendances les plus préoccupantes, que ce soit au niveau de l'Union européenne ou dans les Etats membres, est la restriction des pouvoirs législatifs et judiciaires.


Nous assistons à la volonté affichée de renforcer les pouvoirs exécutifs en réduisant les pouvoirs des parlements et des tribunaux.


Cela a conduit à une réduction de la liberté d?expression et de la liberté de la presse, ainsi qu?à une atteinte aux droits des minorités et à la fragilisation de l?Etat de droit.

Parallèlement à ces tendances, la presse européenne a également connu une évolution préoccupante.


Alors que la presse devrait jouer un rôle crucial en tant que contre-pouvoir et gardienne de la démocratie, de nombreux médias ont choisi de devenir le porte-parole du gouvernement.


Cette évolution est particulièrement marquée depuis que de grands groupes industriels détiennent les organes de presse, les contrôlant et exerçant sur eux une influence considérable. 


Cette situation a conduit à une réduction de la diversité de l?information et de la qualité du débat public, ainsi qu?à une fragilisation de la liberté de la presse.


Enfin, les gouvernements européens adoptent des mesures de sécurité qui ont souvent des effets négatifs sur les droits de l?homme et les libertés fondamentales: les mesures d?urgence adoptées en réponse à la pandémie de COVID-19 ont conduit à une réduction des libertés et des droits fondamentaux, tels que la liberté de mouvement, la liberté d?expression et la liberté de réunion et la surveillance de masse s'impose avant, pendant et après le JO de Paris.


Les caractéristiques d'une presse dépendante et influencée:


  • La désinformation : les médias peuvent diffuser des informations fausses, inexactes ou partielles, intentionnellement ou non, ce qui peut mener à des malentendus et des erreurs. Souvenez-vous de la couverture de l?affaire des « téléphones espions » par certains médias internationaux en 2021. Plusieurs médias ont rapporté que des gouvernements, dont celui de l?Inde, avaient utilisé un logiciel espion développé par l?entreprise israélienne NSO Group pour espionner les téléphones de journalistes, de militants des droits de l?homme et d?autres personnalités publiques. Cependant, ces rapports se sont avérés être basés sur des preuves incomplètes et certains détails ont été mal compris ou mal interprétés. Par exemple, une enquête menée par un consortium de journalistes a révélé plus tard que les données utilisées pour étayer l?accusation contre le gouvernement indien étaient largement basées sur des suppositions et des extrapolations plutôt que sur des preuves tangibles.


  • La manipulation : les médias peuvent également manipuler l?opinion publique en présentant des faits de manière biaisée ou en choisissant de couvrir certains sujets plutôt que d?autres. Il suffit de se rappeler la couverture médiatique de l?élection présidentielle américaine de 2020. Certains médias ont été critiqués pour avoir favorisé un candidat ou l?autre, en choisissant de couvrir certains sujets plutôt que d?autres ou en présentant des faits de manière biaisée. Certains médias ont été accusés de minimiser les scandales impliquant le candidat démocrate Joe Biden, tandis qu'ils mettaient en évidence les scandales impliquant le président sortant Donald Trump. Certains médias ont également été critiqués pour avoir exagéré les résultats des sondages qui donnaient Joe Biden en avance sur Donald Trump, créant ainsi une fausse impression de la victoire inévitable de Biden.


  • La polarisation : certains médias peuvent encourager la polarisation en ne présentant qu?un point de vue ou en exacerbant les différences entre les groupes. Cela peut contribuer à la formation de bulles d?information et à l?accentuation des tensions sociales. Il n'est pas nécessaire de revenir sur la couverture ultra-polarisante de la gestion de la crise de la Covid19 et des campagnes de vaccination...


  • Les stéréotypes et les préjugés : les médias peuvent renforcer les stéréotypes et les préjugés en présentant certains groupes de manière négative ou en utilisant des images stéréotypées: antiscience, antivax, complotiste, à la dérive, extrême-droite...


La presse au service de la Doxa:


Ainsi, la presse s'est autorisée à coller des étiquettes sur les scientifiques qui ont osé remettre en question la gestion de la crise de la Covid19 ainsi que les dogmes de la communication gouvernementale.


Dans un entretien donné à une étudiante dans le cadre de son mémoire, une journaliste belge traite, par exemple, un épidémiologiste, ancien conseiller du gouvernement belge, de "scientifique à la dérive".


Elle explique a sa future collègue qu'en tant que journaliste se situant du côté de la Science (avec un S majuscule) et de la Rationnalité (avec un R majuscule), il lui était inconcevable d'organiser un débat avec les experts choisis par les autorités pour les aider à gérer l'arrivée de la Covid19 et ce scientifique à la dérive.


La plupart des "journalistes scientifiques" sont autoproclamés sans avoir la moindre connaissance ni compétence leur permettant de justifier l'adjectif accolé à leur titre de "journaliste".


Ils n'ont aucune autorité ni crédibilité pour décider des critères permettant de reconnaître un "scientifique à la dérive", ni même adouber un scientifique comme étant un scientifique du côté de la Science et de la Rationnalité.  


Les serviteurs des officines de fact-checking n'ont ni les compétences ni les connaissances requises pour déterminer qui a raison lorsqu'il existe deux discours distincts.

Ils ne font que choisir de mettre en avant une théorie qui leur semble la plus probable, sur base de leurs croyances ou de leurs ordres.  


Ensuite, ils vous assurent que vous devez croire leur hypothèse et rejeter les discours dissonants afin d'être, vous aussi, du côté de la Science (avec un S majuscule) et de la Rationnalité (avec un R majuscule).

D'ailleurs, puisque l'hypothèse qu'ils ont choisie recueille le consensus scientifique, c'est bien la preuve qu'ils ont Raison (avec un R). 


La science de consensus:


Des mots qui auraient épouvanté Copernic et Galilée. 


La science ne peut évoluer au sein d'un consensus car celui-ci induit un certain conformisme, où les chercheurs sont encouragés à suivre une ligne de pensée établie plutôt que de remettre en question les hypothèses existantes ou d?explorer de nouvelles idées.


Le consensus limite la créativité et l?innovation dans la recherche scientifique. 


La source de financement de la recherche ainsi que la politique jouent également un rôle important dans l'établissement du consensus scientifique, ce qui décourage les chercheurs de proposer des idées qui ne sont pas conformes à la pensée dominante (Voir l'intervention du Professeur Elisabeth Paul à ce sujet).


De plus, le consensus conduit à un biais de confirmation, où les chercheurs cherchent des preuves pour confirmer leurs hypothèses existantes plutôt que de chercher activement des preuves qui pourraient contredire leurs théories.


Enfin, le consensus peut être lent à changer, même lorsque de nouvelles données ou de nouvelles preuves remettent en question les hypothèses existantes. Les chercheurs peuvent être réticents à abandonner leurs croyances établies, même si les preuves suggèrent qu?elles sont incorrectes ou incomplètes.


Est-ce le rôle d'un journaliste de décider qui peut débattre où non, à qui donner la parole et à qui la refuser?


La presse et les journalistes ne jouent-ils pas un rôle essentiel dans le débat d?idées?


Ne devraient-ils pas être les porteurs des opinions et des idées qui animent la société?


Ne devraient-ils pas avoir comme mission de donner la parole aux différentes voix de la société, qu?elles soient politiques, sociales, culturelles ou scientifiques?


Ne sont-ils pas responsables de la diversité des opinions et des perspectives dans le débat public?


Bien sur, la réponse à toutes ces questions, dans une démocratie qui fonctionne, est "oui".


Mais puisque la presse et les journalistes sont soumis à des pressions politiques, économiques ou idéologiques qui influencent leur travail, leur indépendance n'est plus garantie. 


Dans le cas qui nous occupe, puisque nos journalistes ne sont que les gardiens de la Doxa, on comprend bien qu'ils ne souhaitent pas prendre le risque de mettre les experts choisis par le gouvernement (dont aucun n'avait ni le diplôme, ni les compétences d'un épidémiologiste) face à quelqu'un qui cumule les compétences de médecin, d'épidémiologiste, et de spécialiste en biologie moléculaire. 


Le débat public dans une démocratie. 


Grâce à cet entretien, nous prenons toute la mesure de l'incapacité de la presse et de ses journalistes à se remettre en question.

Certains d'entre eux se sont, en effet, plains d'être la cible de harcèlement en ligne après avoir reçus quelques mails de la part de citoyens leur rappelant leurs devoirs déontologiques. 


Pour remettre dans le contexte, nous sommes fin 2021.

Depuis le mois d'août, la presse ouvre largement ses colonnes et son audience aux propos d'extrême droite. 


Ainsi, dès l'été 2021, les citoyens qui font le choix légal de ne pas se faire vacciner contre la Covid19 deviennent des boucs émissaires.


Ce sont des égoïstes qu'il convient de punir, ils doivent faire leur examen de conscience, il faut les taxer, les empêcher d'accéder aux soins, les priver de greffes et ce ne sont-là que quelques exemples de propos clivants, diffamants, d'extrême droite que la presse s'est empressée de relayer sans aucun recul, sans la moindre analyse, ni même condamnation, elle qui est si prompte à condamner ce qu'elle nomme "propos d'extrême droite". 


En tant qu'ASBL, nous nous désolidarisons des appels à la haine, des menaces physiques envers quiconque: experts, politiques, médecins ou journalistes car ce genre de propos ou d'actes sont totalement éloignés de nos valeurs.  


En tant qu?ASBL, nous sommes attachés à la promotion du dialogue constructif et du respect mutuel.


Mais nous regrettons qu'à cette période allant de l'été 2021 au printemps 2022, les appels à la haine envers une catégorie de citoyens qui ne faisait qu'exercer son droit légal de poser un choix, n'aient pas été modérés comme nous, nous le faisons avec une audience bien moindre que la leur. 




Le brassage des idées.


Pour en finir avec les leçons que nous apportent cet entretien, il est intéressant de noter une nouvelle croyance ayant émergée au sein de cette presse d'état.


D'après elle, si une part de plus en plus importante de ses auditeurs se défie de son travail, il faut y voir un rapprochement avec la montée de l'extrême-droite en Europe dans les années '30. 


C'est ce qu'on appelle un "effet miroir" ayant pour double objectif de se poser en victime et de décrédibiliser toute personne remettant en question la qualité des décisions politiques et du travail journalistiques à notre époque. 


Cette posture démontre de façon flagrante le manque absolu d'indépendance de la presse.


La liberté de pensée et la liberté d?expression sont essentielles pour le progrès de la société et le développement de la raison.


Refuser de débattre, de donner la parole aux voix dissidentes, quel que soit le sujet, empêche le public de se forger une opinion, de réfléchir aux enjeux de société et de participer aux décisions politiques. 


Comprendre d'où nous venons pour atteindre notre objectif. 


Assistons-nous à une montée de l'extrêmise en Europe? 

Oui! 


Mais comme nous venons de le développer, cette montée de l'extrémisme s'observe au sein des gouvernements et des organes de presse! 


Au sein de la population, nous assistons à un extraordinaire mouvement social et intellectuel qui s'appuie sur l'éducation populaire et la diffusion des idées, tel que le mouvement Humaniste du 15e siècle ou celui des Lumières au 18e siècle.


L'objectif de ce mouvement social consiste à devenir des citoyens à part entière, des citoyens politiquement adultes, n'ayant plus besoin de déléguer la prise de décisions à des tiers mais capables d'auto-détermination.


Aristote, Montesquieu et Rousseau partageaient déjà à l'époque l'idée selon laquelle la souveraineté populaire ne peut s?exprimer que par le mécanisme du tirage au sort et pas par l'élection, qui conduit à une élite aristocratique dirigeante.   


Il y a un régime, dans l?histoire, qui a donné le pouvoir à tous les citoyens, sans distinction de fortune ou de niveau socioculturel, selon les critères de l'époque (qui sont, bien évidement dépassés aujourd'hui mais l'idée reste incroyablement... démocratique).


Athènes, au 5e et 4e siècle avant Jésus-Christ, était une véritable démocratie directe.

Tous les citoyens peuvent voter directement pour les lois.

Et tous les citoyens peuvent également proposer des lois.


Comme les choses auraient été différentes si le secteur de l'Horeca, l'événementiel, les citoyens avaient pu voter pour ou contre le CST. 


Comme les choses seraient différentes si chacun d'entre nous peut voter directement pour l'interdiction des moteurs thermiques en 2035 ou pour d'autres propositions de loi ayant le même objectif, plus de chance d'atteindre l'objectif et moins de répercussion sur les droits humains. 


Comment se fait-il que le tirage au sort n'ait jamais été envisagé sérieusement pour constituer nos démocraties après les Révolutions anglaise, française et américaine?


Parce qu'on retrouve chez les pères de la démocratie moderne une vraie défiance à l?égard du peuple (NOUS), considéré au mieux comme incompétent, au pire comme une foule incontrôlable, irrationnelle et violente.


Les fondateurs de nos systèmes politiques "démocratiques" avaient parfaitement conscience de nous confisquer notre souveraineté et notre idéal démocratique. 


Ainsi, Stanislas Clermont Tonnerre, officier et homme politique français, partisan d'une monarchie constitutionnelle, écrira en 1791:

?C?est peut-être la plus ingénieuse invention politique que celle d?avoir déclaré souverain une nation en lui interdisant tout usage de sa souveraineté. Voilà l?effet de l?adoption d?une Constitution représentative?.


Les questions que nous devons nous poser aujourd?hui sont de savoir:

  • comment exercer le plus souvent possible notre souveraineté populaire dans une démocratie représentative et


  • comment parvenir à transformer ce modèle représentatif en modèle de démocratie directe?


Les enjeux populaires des prochaines années:


Comme nous l'avons fait pendant la période Covid19, et comme les Humanistes et les Philosophes des Lumières, nous devons:


Promouvoir notre éducation populaire:


Un enjeux essentiel pour les années à venir est de continuer à promouvoir notre éducation populaire, en tant qu'adulte ayant le désir de devenir politiquement autonome


C'est la raison pour laquelle, en tant qu'ASBL, nous nous engageons à rendre l'information accessible, à faire la promotion de l'éducation populaire, à faciliter l'accès à l'information en ligne et à promouvoir l'esprit critique. 


Mettre l'accent sur l'égalité et les droits humains:


L?égalité entre tous et les droits humains restent une préoccupation majeure aujourd?hui. Il apparaît de plus en plus évident que le mouvement de fond des politiques nationales et européennes va vers des restrictions des droits et des libertés ainsi que vers la discrimination des minorités. 


Nous devons continuer à mutualiser les efforts financiers pour être capables de défendre les droits humains et les libertés fondamentales devant la justice lors d'actions collectives comme nous l'avons fait lors de la Crise de la Covid19.


Encourager la diversité et la tolérance:


Aujourd?hui plus que jamais, alors que la presse se met aux ordres des politiques pour promouvoir une pensée unique, il est important de promouvoir la diversité et la tolérance dans toutes les facettes de la société. 


Encourager la participation citoyenne:


Plus que jamais, il est urgent de repenser nos modes de fonctionnements politiques qui ont trop longtemps relégué les citoyens au rôle d'électeur ayant seulement le droit d'élire à intervalle régulier puis de subir les politiques prises en son nom, sans aucun contrôle sur ce qui est décidé.


Aujourd?hui, il est important qu'en tant que citoyens, nous participions activement à la vie politique, nous nous présentions aux élections et que nous continuions à prendre des initiatives citoyennes.