Chère Madame,
Cher Monsieur,
Votre courriel m’est bien parvenu et a retenu ma meilleure attention.
Vous vous étonnez des propos tenus par mon Président de parti dans les médias le mercredi 1er septembre dernier, au sujet de la vaccination obligatoire.
Votre réaction m’invite à vous expliquer les raisons et contours de ce propos, qu’il a tenu au nom du cdH.
Au début de la pandémie, et lorsque les vaccins sont devenus disponibles, nous espérions pouvoir considérer que la vaccination se ferait de manière volontaire et que nous aurions atteint les 70% de personnes vaccinées pour parvenir à une immunité collective. C’est d’ailleurs ce que nous préconisions depuis le début de la campagne de vaccination : Une vaccination libre, rapide et gratuite pour tous les humains de la planète. Il faut d’abord vacciner les personnes les plus susceptibles de développer des formes graves de la maladie.
Ainsi, en tant que députés cdH, nous avons approuvé la résolution visant à faire reconnaitre les vaccins covid comme un bien universel, et à soutenir une distribution universelle et équitable de ces vaccins.
Cependant, d’une part nous constatons que dans certaines régions, l’objectif des 70% n’est pas atteint, et que d’autre part nous sommes confrontés, en raison notamment de la longueur de cette pandémie, à une mutation d’un virus sans cesse plus résistant et plus contagieux.
Devant cette évolution, en particulier celle des variants de la COVID-19, la question se pose de savoir par quelle mesure efficace la pandémie peut être gérée, et son évolution contrôlée.
J’en veux pour preuve évidente que l’augmentation des hospitalisations récentes concerne une majorité de personnes non vaccinées. Ceci prouve également l’efficacité du vaccin contre les formes graves du COVID-19.
De plus, il ressort d’une étude mené par Sciensano que la vaccination complète (deux doses) avec un vaccin Pfizer ou Moderna réduit de 74 à 85% le risque d’infection (https://www.sciencedirect.com/.../pii/S0264410X21011087). Les personnes infectées alors qu’elles sont entièrement vaccinées transmettent le virus de 52% à 62% moins fréquemment que si elles n’étaient pas vaccinées.
Enfin, l’étude se penche sur les personnes infectées alors qu’elles sont entièrement vaccinées et le degré de contagion avec un contact à haut risque entièrement vacciné : dans ce cas, on constate 90% d’infection en moins que dans des contacts entre personnes non vaccinées.
Cette étude nous montre ainsi que le vaccin a également une influence positive sur la diminution du risque de contamination.
Ce sont les raisons pour lesquelles le cdH estime qu’une réflexion et un débat démocratique sur la vaccination obligatoire doivent être menés.
Cette vaccination obligatoire devrait bien entendu être encadrée :
- Le vaccin doit être scientifiquement contrôlé, surveillé, approuvé et agréé par des autorités indépendantes ;
- Ses effets secondaires systématiquement rapportés et communiqués publiquement ;
- Les études scientifiques les plus rigoureuses doivent être menées pour développer un vaccin de plus en plus efficace contre l’évolution de la pandémie.
L’obligation vaccinale doit concerner tout le monde, mis à part, à l’heure actuelle, les enfants et les personnes qui, après avoir consulté leur médecin, ne peuvent pas être vaccinées pour des raisons de santé.
A titre personnel, j’estime que la vaccination obligatoire permet de ne pas opposer les gens et de ne pas cliver la société en imposant des pass sanitaires. La vaccination est un outil pour lutter contre la covid, et si on a épuisé toutes les voies de sensibilisation, alors nous n’aurons plus d’autre choix que de passer, dans l’intérêt collectif, à une vaccination obligatoire pour atteindre un pourcentage suffisant de couverture nécessaires face au variant actuel.
La vaccination obligatoire n’est pas une nouveauté. Pour rappel, en Belgique, le vaccin contre la polio est déjà obligatoire. Grâce à cela, la polio est presque complètement éradiquée.
Dans toute mesure publique, il y a lieu de faire la balance tous les intérêts en présence. Face à l’évolution de la COVID-19 depuis 18 mois, il s’agit d’empêcher une 4ème, une 5ème, voire une 6ème vague meurtrière. Il s’agit aussi de privilégier une santé publique des citoyens, dans une société saine qui reste en activité, par rapport à la liberté de choix personnelle. Le collectif doit primer sur l’individuel.
Être humaniste c’est respecter la personne dans son individualité, certes, mais c’est aussi s’assurer de sa santé et de celle des autres. C’est prendre des décisions dans l’intérêt de notre société, fussent-elles difficiles. Et nous en sommes là aujourd’hui.
Vous souhaitant bonne réception de la présente, je vous prie de croire, chère Madame, cher Monsieur, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
Anne-Catherine GOFFINET
Députée régionale et Sénatrice - Conseillère communale à Arlon
Chère Madame,
Merci pour votre réponse.
Je me dois d'apporter des précisions à plusieurs de vos propos qui sont soit inexacts, soit incomplets.
70% de couverture vaccinale pour la libération.
Vous partez d’un postulat de base de 70% de vaccinations nécessaires pour obtenir une immunité collective qui repose, une fois de plus, sur une base scientifique fragile.
Au début de la pandémie, vous espériez atteindre une couverture vaccinale de 70% pour être quitte de ce virus. Ce chiffre est motivé par des modèles mathématiques représentant la progression du virus.
Ces modèles mathématiques peuvent tenir compte de certains paramètres comme la contagiosité, la période d’incubation, la période d’infectiosité mais sont incapables de tenir compte d’autres paramètres : la progression de l’immunité naturelle, l’impact des variants, la contagiosité même après vaccination, l’immunité partielle, l'immunité naturelle, la saisonnalité, etc.
En outre, il est impératif que ce chiffre tienne compte de l’immunité innée et de l’immunité déjà acquise dans la population (qui est plus efficace que celle attribuable à certains vaccins (2e source)
Augmenter la couverture vaccinale pour lutter contre les variants.
Nous ne sommes pas confrontés aux mutations du virus à cause de la longueur de la pandémie mais parce que :
- tous les coronavirus sont hautement mutables,
- ils sont tous saisonniers,
- on risque toujours plus de variants à cause du phénomène d’échappement, dû à la vaccination de masse en plein milieu d’une épidémie. De nombreux scientifiques comme le Pr. Velot ont tiré la sonnette d’alarme à ce sujet.
Les non vaccinés hospitalisés?
Ceci n'est pas exact, comme le montre cette infographie du collectif CovidRationnel et le Pr Laterre, médecin chef des soins intensifs de l’UCL, sur le média BAM.
Par ailleurs, Sciensano ne collectait pas le statut vaccinal des personnes hospitalisées, de son aveu même, relayé par la presse.
Un comble ! Comment peut-on vérifier l’efficacité de stratégie de crise et l’efficacité des vaccins expérimentaux si on ne vérifie pas le statut vaccinal des personnes hospitalisées ?
Le miracle belge de l'efficacité vaccinale.
Sciensano serait parvenu à démontrer une efficacité de 74 à 85% des vaccins Pfizer et Moderna pour réduire le risque d’infections et de 52 à 62% pour réduire le risque de transmission.
C’est donc là un miracle belge ?
Peter Doshi, professeur associé de recherche sur les services de santé pharmaceutiques à l'école de pharmacie et rédacteur associé au BMJ, a évalué l’efficcacité de Pfizer à 29%
La différence est de taille!
Se baser sur les communiqués de presse des firmes pharmaceutiques n'est pas suffisant pour affirmer l'efficacité d'un produit.
Entre les études et la réalité, le grand canyon!
Il est aussi essentiel d’étudier l’“effectiveness” des vaccins, c’est-à-dire leur capacité à protéger la population dans des conditions réelles.
Pour ce qui concerne le vaccin de Pfizer, seules 8 personnes du groupe des vaccinés ont été infectées et une seule a subi une forme grave de la Covid-19, alors que 162 personnes du groupe de contrôle (ayant reçu un placebo) étaient infectées et 7 ont dû être hospitalisées.
La différence est considérable et explique l’annonce publique d’une efficacité de l’ordre de 95 %. Toutefois, le nombre total de volontaires ayant reçu les deux doses du vaccin ou du placebo était respectivement de 21.720 et 21.728.
Ceci implique que, dans le groupe contrôle (n’ayant pas reçu le vaccin mais le placebo), seuls 7,5/1.000 ont manifesté des symptômes de Covid-19 par la suite, et 0,3/1.000 en ont sérieusement souffert…
La protection vaccinale contre la maladie, n’a donc pu être réellement établie que pour 6 personnes sur plus de 21.000 (0,027%).
De plus, en suivant un lien discret vers la méthodologie de l’étude, dans la catégorie « participants exclus de l’étude » (dans le groupe vaccinés) on peut lire que sont exclus :
- les participants ayant eu un test positif durant les 14 jours suivant la deuxième injection.
- les participants ayant eu un test positif durant les 21 jours suivant la première injection.
Donc, ont été exclus de l’étude tous les participants du groupe vacciné qui ont eu un test positif avant que ne se soit écoulé le délai considéré comme nécessaire pour que la dose concernée soit efficace.
Cette exclusion est tout à fait anormale dans le cadre d'une qui vise à évaluer l’efficacité d’un vaccin en comparant le taux d’infection avec un groupe contrôle dans lequel AUCUN participant n’a été exclu durant ces mêmes périodes.
Dans le tableau comparatif des positifs asymptomatiques, il n’y a PAS de différence entre le groupe contrôle et le groupe des vaccinés...
MAIS on a exclu les vaccinés qui devenaient positifs durant un total de 5 semaines.
Quels seraient les résultats si les vaccinés devenant positifs durant ces 5 semaines n’avaient pas été exclus ?
Les mêmes observations peuvent être faites à propos de l’étude des essais cliniques du vaccin de Moderna qui annonce une efficacité de 94,1 %.
Le manque de certitude sur ces résultats dû à l’insuffisance de partage des données a fait l’objet d’un débat dans une grande revue médicale britannique.
L’efficacité annoncée du vaccin d’Astra-Zeneca est nettement moindre (62,1 %) que celle revendiquée pour les deux vaccins à ARN messager.
Toutefois, les deux groupes de comparaison étaient assez limités (5.807 participants dans le groupe vacciné et 5.829 dans le groupe de contrôle) et la proportion de personnes ayant développé une forme grave de la maladie ou étant décédées était très faible (1 dans le groupe contrôle, 0 dans le groupe vacciné).
On comprend facilement que les statistiques sur des petits nombres doivent être interprétées avec prudence.
Vous m’assurez que la vaccination complète empêche la transmission, ce qui a été démontré comme étant faux au point que même les personnes vaccinées ne reçoivent pas de Covid Safe Ticket si elles ont un test positif.
Les vaccins sont avant tout conçus pour protéger les personnes vaccinées, mais ils sont souvent présentés comme permettant de réduire la transmission du virus concerné parmi la population et ce faisant, de protéger les autres.
Or, cette capacité des vaccins de réduire la transmission n’est pas démontrée pour le SARS-CoV-2, et ne devrait donc pas être considérée comme un acquis pour concevoir la stratégie vaccinale.
C’est particulièrement le cas vis-à-vis des variants émergents.
Les vaccins n’ont quasi aucune efficacité sur le variant delta, qui est la souche circulant à 90% en Belgique.
Vous envisagez donc sérieusement d'imposer une vaccination anticovid à la population générale.
Il est trop tôt pour connaître les effets secondaires à long terme!
Sachant qu’il est trop tôt pour connaître les éventuels effets secondaires à moyen et long termes des vaccins – ceci d’autant plus que le lien de causalité avec la vaccination sera encore plus difficile à établir que pour les effets secondaires à court terme.
Signalons toutefois que plusieurs types d’effets secondaires particulièrement inquiétants sont évoqués dans la littérature comme étant possibles, en particulier le renforcement de la sévérité de la maladie induit par les anticorps (antibody-dependent enhancement) de même que toute une série d’autres phénomènes immunitaires tels que l’interférence virale (plus grande sensibilité à d’autres virus).
Plus particulièrement pour ce qui concerne les nouvelles plateformes à ARN messager, plusieurs problèmes de sécurité potentiels doivent être évalués, relatifs notamment à l’inflammation locale et systémique, à la persistance de l’immunogène à des problèmes de réactions auto-immunes.
Il n’y a par exemple, pas eu d’études de carinogénéicité!
Vous prenez la responsabilité de voir exploser le nombre de cancers, dans une population jeune, en bonne santé ?
On sait aujourd’hui qu’il existe, dans le corps humain, des enzymes capables d’intégrer un ARN-m au génome humain.
Source 2, Source 3
Vous prenez la responsabilité de voir cet ARN-m de synthèse s’intégrer au génome de belges, jeunes, en bonne santé et en âge de fonder une famille, sans savoir quelles en seront les conséquences?
Vous me dites que la vaccination obligatoire est un outil permettant d’éviter les privations de liberté et le clivage de la société. Mais à quel prix ?
Un prix que vous êtes prêtes à assumer, personnellement ?
La balance risque/bénéfice.
Vous évoquez la vaccination antipolio obligatoire pour sous-tendre la nécessité d'une obligation vaccinale anticovid.
Je vous renvoie au paragraphe de la pétition "comparaison n'est pas raison" pour mettre derrière nous une bonne fois pour toute cette comparaison malheureuse.
Chez 80% des belges, cette balance ne penche pas vers la vaccination.
Vacciner toujours plus n’empêchera pas les 4e, les 5e, les 6e vague d’un virus saisonnier, qui reviendra, comme l’a fait la grippe pendant des siècles, automne après automne.
Le choix de se vacciner ou pas au niveau individuel, tout comme les décisions sous-tendant la politique vaccinale dans son ensemble, doivent se fonder sur une analyse des risques et des bénéfices de la vaccination. Schématiquement, cette balance doit inclure:
Au titre des bénéfices, la réduction espérée de la morbidité et de la mortalité due à la Covid-19, pour l’individu concerné et pour sa communauté.
Au titre des risques, les effets secondaires individuels à court terme (qui semblent également varier selon l’âge et le sexe, et sont spécifiques à chaque vaccin) mais aussi les effets secondaires à long terme (qui sont inconnus).
Les adultes (20-60 ans) en bonne santé, devraient réaliser une analyse risques-bénéfices plus précise, en fonction de leur situation personnelle (probabilité d’être en contact avec le virus et de le transmettre à des personnes fragiles, etc.), avec un médecin connaissant ces données et le profil médical de son patient et en aucun cas subir une vaccination obligatoire avec des produits pour lesquels nous n'avons aucun recul pour les effets secondaires à long terme.
Faut-il vous rappeler que plusieurs millions de personnes vaccinées n'est pas un argument pour dire qu'on a assez de recul temporel?
Qui est responsable?
Compte tenu que ni votre parti ni aucun autre n'a tenu à faire annuler les clauses d'exonération de garantie de qualité et de sécurité contenues dans les contrats vaccins et ce, malgré que vous ayez été au courant de leur existence, qui sera responsable des effets secondaires et qui sera en charge de dédommager les victimes?
Les contributables belges?
Notez que Mme Goffinet s'est contentée de survoler (de loin) notre pétition puisqu'elle fait encore la comparaison hasardeuse entre vaccination antipolio et la vaccination anticovid.
Notez également que la seule source citée par Mme Goffinet est une étude de Sciensano faite entre janvier et juin 2021, soit pendant plus d'un trimestre où peu de belges étaient vaccinés. Un peu facile, dans ces conditions, de prétendre que les vaccins sont efficaces pour éviter les hospitalisations puisque la majorité des patients hospitalisés sont non vaccinés (logique, puisque quasi personne ne l'est).
Le dernier rapport de Sciensano, datant de septembre 21, indique que 40% des personnes vaccinées sont des vaccinés double dose de plus de 15j; soit quasi la moitié.