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La liberté de circulation des personnes, instaurée par le traité de Maastricht constitue la pierre angulaire de la citoyenneté de l?Union.


La suppression progressive des frontières intérieures en application des accords de Schengen a été suivie par l?adoption de la directive 2004/38/CE relative au droit des citoyens de l?Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement au sein de l?Union.


Malgré l?importance de ce droit, d?importants obstacles entravent toujours son application.


Chapitre 1: les valeurs européennes.


La liberté de mouvement, le droit à la mobilité ou le droit de voyager est un concept des droits de l'homme qui englobe le droit des individus de se déplacer d'un endroit à l'autre sur le territoire d'un pays, de quitter le pays et d'y revenir.


La libre circulation est une valeur européenne forte.

Les citoyens de l'Union européenne sont libres de franchir les frontières intra-européennes à la recherche d'opportunités de travail et d'éducation, d'un niveau de vie plus élevé ou même d'un climat plus agréable. 


Mais le restera-t-elle, face à la pression de l'idéologie de Klaus Schwab? 


La circulation en Europe avant la création de l'Europe:


Avant le début de la Première Guerre mondiale en 1914, il n'y avait pratiquement aucun contrôle aux frontières ni aucune restriction à la mobilité de la main-d'?uvre à travers le continent. 


Pendant la guerre, le franchissement des frontières par des étrangers a commencé à être considéré comme un problème de sécurité, et c'est à cette époque que les passeports et les visas ont été introduits en Europe.


La circulation en Europe dans la CEE:


Dans les années 1950, alors que l'Europe commençait à se remettre des ravages de la Seconde Guerre mondiale et connaissait une période de croissance économique intense, la mobilité de la main-d'?uvre a de nouveau été encouragée. 


Parce que le manque de travailleurs qualifiés était considéré comme une menace pour l'économie, la libre circulation des travailleurs industriels qualifiés a été incluse dans les traités fondateurs de la Communauté économique européenne (CEE), ancêtre de l'actuelle Union européenne, en 1957.


La crise pétrolière qui a commencé en 1973 a mis fin à la politique d'ouverture des travailleurs migrants. 

À la surprise des pays hôtes, cependant, la plupart des travailleurs invités étaient venus pour rester et avaient fait venir leur famille. 

Le droit de libre circulation était donc initialement destiné à la population économiquement active : les travailleurs qui pouvaient subvenir à leurs besoins dans le pays de destination. 


Depuis, les décisions de justice de la Cour de justice européenne, saisie par des citoyens européens, ont progressivement fait passer la politique de la protection de la libre circulation des travailleurs à celle de la libre circulation des personnes.

En effet, dans de nombreuses affaires individuelles, le tribunal a statué qu'un État membre de la CEE ne pouvait pas refuser l'entrée ou expulser un citoyen d'un autre État de la CEE sur la base d'un comportement personnel à moins que ce comportement ne justifie une action tout aussi punitive s'il était entrepris par un citoyen de l'ancien état.


La définition même du «travailleur» a également été progressivement élargie pour inclure non seulement les travailleurs de l'industrie, mais aussi ceux qui occupent des emplois saisonniers ou à court terme et des stages d'apprentissage dans les États membres. 


En 1990, la liberté de circulation est garantie pour les étudiants, les retraités et les chômeurs, ainsi que pour leurs familles. 


La libre circulation au sein de l'Union européenne:


Le processus d'établissement de la liberté de circulation pour tous les ressortissants des États membres a été finalisé avec la signature du traité de Maastricht en 1992, qui a créé l'Union européenne (UE) et introduit le concept d'une citoyenneté européenne commune.

Alors que le processus d'encouragement à la migration et d'assouplissement des restrictions de voyage se poursuivait, l'accent a été mis sur la réduction des formalités de contrôle aux frontières en Europe


L'accord de Schengen, qui est entré en vigueur pour la première fois en 1995, a créé un espace commun essentiellement sans frontières entre la Belgique, la France, l'Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et l'Espagne, dans lequel les justificatifs de voyage n'étaient requis qu'aux frontières extérieures de cet espace.

Deux ans plus tard, les règles de Schengen ont été intégrées au traité d'Amsterdam et, en 1999, les citoyens européens étaient libres de franchir la plupart des frontières intra-européennes sans avoir à montrer leur passeport. 


Bases juridiques:

Article 3, paragraphe 2 (TUE).

Article 21 (TFUE)

Titres IV et V du traité (TFUE) 

Article 45 de la Charte des droits fondamentaux de l?Union européenne.


Klaus Schwab pour moins de libertés et plus de contrôle.


Klaus Schwab, économiste allemand, a fondé le Forum économique mondial, cette conférence où l'élite mondiale se retrouve chaque année dans une station de ski suisse de luxe pour parler de l'avenir de la classe ouvrière. 


Il nous a livré sa vision de l'avenir européen (et mondial) dans son ouvrage, The Great Reset, sorti en juin 2020, en pleine pandémie.


Rendre l'exécutif toujours plus fort.


D'après l'auteur, la taille des gouvernement a diminué depuis la Seconde Guerre mondiale (il n'a sans doute jamais visité la Belgique, son gouvernement fédéral et ses trois gouvernement régionaux), laissant aux citoyens la liberté de gérer de plus en plus d'aspects de leur vie. 


Cette laxité laissée aux citoyens est à l'origine, toujours selon Schwab, de l'exclusion, des inégalités socio-économiques, des catastrophes environnementales et d'à peu près tout le reste.


Puisque les citoyens ont également cette caractéristique d'être incapables de prendre leurs responsabilités, ils ont commencé à perdre confiance dans les institutions gouvernementales. 


Donc, très logiquement, la solution de notre "visionnaire" consiste à rendre les exécutifs beaucoup plus forts. 


Le mauvais bilan des gouvernements n'est pas dû à l'incompétence ou à la corruption, mais à un manque de pouvoir, selon Schwab.

Sous la direction de gouvernements forts, la vie des citoyens serait bien meilleure.

La preuve avec ce que nous avons vécu depuis mars 2020, sans doute... 


Quoi qu'il en soit, pour résumer la pensée de Schwab, une plus grande intervention du gouvernement dans votre vie vous rendra beaucoup plus heureux. 

Mais pour que tous vos compatriotes bénéficient de la même qualité de services publics quelle que soit leur contribution privée à la société, vous devrez faire des sacrifices.


Sacrifier les droits individuels au profit des droits collectifs.


Le COVID a introduit une nouvelle valeur: le sacrifice individuel pour le bien commun comme se confiner pour sauver des vies, ne pas voyager pour sauver le climat, payer plus d'impôts.


Selon Schwab, la seule façon d'inverser les inégalités socio-économiques est d'augmenter les impôts. Et comme la consommation ostentatoire est négative pour la planète, il vaut mieux limiter le droit de posséder et de jouir de vos biens. 

Votre consommation individuelle sera maîtrisée afin de limiter votre impact sur l'environnement.


Autrement dit, vous n'aurez rien et vous serez heureux.

Mais maîtrisée par qui?

Et bien, par un exécutif fort, pardi. 


Et vous surveiller.


Le monde d'aujourd'hui est interdépendant, rapide et complexe.

Si complexe que les crises sont devenues difficilement prévisibles, des crises qui ne sont plus localisées mais dont les répercussions sont mondiales. 


La solution?

Plus de surveillance, bien sûr!


Plus de surveillance biologique pour éviter la propagation de nouveaux virus.

Plus de surveillance des personnes pour leur propre protection. 

Plus de surveillance du monde pour mieux anticiper les événements telle que la crise économique de 2008.

Une surveillance qui sera logiquement exercée par les gouvernements forts, ayant augmenter en taille et en volume.


Une société du QR code pour chaque aspect de votre vie quotidienne... et privée (enfin, qui n'aura plus que l'illusion de vie privée).


Le Grand Reset consiste essentiellement à redéfinir tous les contrats sociaux, la crise générée par la "pandémie de covid" étant une fenêtre d'opportunité étroite pour mettre en ?uvre les trois axes de la vision de notre gourou allemand. 


Allonger la fenêtre d'opportunité.


Si l'arrivée (fortuite, opportune?) du coronavirus dans le paysage mondiale est une fenêtre d'opportunité étroite, celle-ci aurait pu être particulièrement courte. 


Or, un changement aussi communiste radical de modèle de société nécessite d'une part du temps, d'autre part, l'adhésion du public. 


Tests, tests, tests.


Acte 1: Prétendre que l'épidémie de Covid19 est comportement-dépendante. 

Les maladies respiratoires sont dépendantes des facteurs environnementaux comme le froid, l'humidité, la pollution de l'air....et du terrain de chaque personne, de son état de santé générale alors pourquoi faire croire à la population que les "vagues" successives sont dues aux (mauvais) comportements de (certains) citoyens? 


Pourquoi toujours plus de culpabilisation et d'infantilisation? 

Pour préparer les citoyens à accepter un exécutif toujours plus fort? 


Acte 2: Jouer aux montagnes russes émotionnelles et maintenir la pression par la peur. 


Au début du mois de mars 2021, nous vivions une joyeuse période d'involution de l'épidémie. Le 2 mars 2021, nous apprenions avec soulagement que Yves Coppieters ne nous prédisait pas de "troisième vague".


Dans ce climat de bonne humeur, nous avons eu l'opportunité de lire des articles sortant, pour une fois, de la ligne toute tracée du discours officiel.


"Traiter les gens rapidement avec la première ligne médicale est la seule sortie cohérente à cette crise. Non seulement, focaliser sur les chiffres du virus au détriment de tout le reste n?a pas porté ses fruits mais, en plus, limiter la circulation d?un virus qui fait du ping-pong entre espèces n?est pas une stratégie viable de santé publique? C'est un désir politique utopique et il est temps de le dire : un échec annoncé. Contre un virus qui peut muter allègrement entre 15 et 30 fois par an, est-il sensé de penser à vacciner 2, 3 voire plus de fois par an ? Suivre les multiples variants du virus avec les meilleurs outils génétiques ne relève-t-il pas plus de la recherche que de la santé publique. Et va-t-on vacciner la plupart des animaux sur la planète également ? Donc non, il faut sortir de cette politique du chiffre et du pire.


Une opinion qui aura aussitôt provoqué une réaction du monde "scientifique": traiter rapidement? Mon Dieu, quelle horreur! Il vaut mieux contrôler et surveiller les potentiels malades.


Cette façon de gérer la maladie est bien plus en phase avec le Grand Reset. 


"Officiants au sein de l?Université Libre de Bruxelles, Elie Cogan ? professeur émérite de Médecine interne-, Denis Goldschmidt ? chirurgien, Consultant en technologies d?information médicale et hospitalière - , Yves Coppieters ? épidémiologiste et professeur de Santé Publique- et Jean-Christophe Goffard ? chef de service de Médecine interne et responsable des Unités Covid à Erasme- demandent aux autorités de plancher sur un "pass covid intégrant immunité et testing" qui pourrait, selon eux, "accélérer le retour à la liberté et relancer l?activité économique et culturelle en sécurité".


Ainsi, le gouvernement belge envisage sérieusement, alors que l'épidémie est derrière nous, de surveiller les allées et venues des citoyens. Que ce soit pour des activités de la vie quotidienne ou dans leurs voyages non essentiels. Une notion totalement inconnue en droit, au point que la Belgique se fera sermonner par l'Europe.


Notre gouvernement devra donc trouver une solution rapidement afin de rendre "légal" le kidnapping de ses ressortissants et de ses résidents tout en les autorisant (enfin) à traverser à nouveau leur jardin (ce n'est pas une plaisanterie, cliquez sur ce lien, c'est véridique). 


Une dizaine de chercheurs universitaires ont décortiqué la mesure instaurant l?interdiction de voyages "non essentiels". Depuis sa mise en place, cette mesure a fait l?objet de nombreuses critiques, notamment de juristes qui y voient une mesure liberticide. 

Cette fois, les différents chercheurs issus notamment de l?UCLouvain, l?ULB et de la VUB ont - en plus de l?argument juridique - opté pour une analyse multidisciplinaire sur la base des arguments avancés par le Gems, le groupe d?experts qui conseille le gouvernement dans la gestion de la crise. 


Mais rien n'y fait, la volonté de notre exécutif fort est d'amener notre société vers un modèle type Apartheid, sans aucune base scientifique valable.

Notre pays continue à plébisciter le testing de masse, de personnes en bonne santé. Les tests génétiques via la fameuse PCR ont été choisis et présentés comme le "Golden Standard", la voie du salut. Pourtant, depuis le début de la crise, nombre de spécialistes ont mis en garde contre son utilisation pour les dépistages massifs.

En effet, si ces tests sont très utiles pour confirmer un diagnostic (lorsqu'ils sont pratiqués sur des personnes présentant des symptômes), ils ne signifient rien si l'on n'est pas malade ni symptomatique: la PCR mesure la présence de gènes du virus et pas la maladie. Avec le test par PCR, être positif ne signifie pas être malade ni même contagieux.


Or, cette "erreur" a été commise depuis le début de l'épidémie.

Personne n'a compris comment cette troisième vague dont on nous assurait quinze jours auparavant qu'elle s'éloignait pouvait nous revenir avec une violence telle que les experts plaidaient pour des mesures très strictes malgré le fait que la Belgique connaît une période de sous-mortalité depuis le mois de janvier 2021.


Pourtant, cette troisième vague ne ressemble pas vraiment à un Tsunami: il faut un microscope pour l'apercevoir


La signature Mc Kinsey.


Tout comme en Belgique, la politique européenne de gestion de la crise repose sur la multiplication de tests pratiqués sur des personnes en bonne santé. 

Tout comme en Belgique, cette politique amène à une représentation mentale d'une épidémie qui perdure sans fin.

Pourtant, tout comme chez nous, ces tests posent énormément de questions. 


Tous les chiffres seraient-ils manipulés


Les chiffres des cas?


"Selon Guillaume Rozier, fondateur de l?outil Covid Tracker, le nombre de cas en France serait depuis plusieurs semaines surestimé en raison d?un problème lors du dédoublonnage des tests. Depuis plusieurs semaines, les personnes testées positivement avec un test antigénique, test rapide en pharmacie, doivent passer un test RT-PCR afin de cribler le test pour détecter le variant. En principe, Santé publique France dédoublonne les deux tests afin de ne pas compter les deux. Un problème lors de cette étape entraîne dans certains cas la comptabilisation des deux cas depuis plusieurs semaines. " 




Les chiffres des hospitalisations. 


Y compris les chiffres d'hospitalisation aux soins intensifs? Il semblerait que oui.


Même ceux des décès?


« Les morts du Covid-19 seraient pour certains de toute façon décédés d?une autre cause » 


D?après l?étude menée par deux chercheurs, Gilles Pison et France Meslé, de l?institut national d?études démographiques (INED), les chiffres de décès attribués au Covid-19 englobent des cas de personnes décédées d?autres pathologies.

L?étude conclut ainsi que sur les 68 000 morts, seuls 42 000 seraient réellement imputables au Coronavirus. Relayant cette information, le média Sud Ouest dira : ?quelque 68 000 personnes sont mortes du Covid-19 en France l?an dernier, mais le nombre de décès total n?a augmenté ?que? de 55 000, parce qu?une partie des morts du Covid ?seraient de toute façon? décédés d?une autre cause, et que la grippe et les accidents de la route ont été moins meurtriers?.


D?après l?étude sur les 55 000 décès, il faut en défalquer 13 000 qui sont dus au vieillissement de la population.

?Reste donc les 42 000 supplémentaires en 2020, liés à la pandémie de Covid-19?

A la pandémie ou au manque de structure et de personnel qualifié? 


Comme en Belgique, la société type Apartheid s'installe dans l'Union européenne.

 

L'Italie annonce l'arrivée de trains "Covid-free" entre Rome et Milan : des liaisons ferroviaires à grande vitesse "Covid-free" entre Rome et Milan. Les touristes britanniques vaccinés pourront se rendre sans restriction à Chypre à partir du 1er mai 2021. Mais pas les autres.


Ailleurs dans le monde, nous découvrons l'horreur à Hong-Kong: les enfants sont attachés à leur lit pour les obliger à respecter leur quarantaine. Après la maltraitance de nos aînés, la maltraitance de nos enfants.

La folie covidiste s'est installée dans nos vies.


Surveillance, surveillance, surveillance.


A l'instar de la Belgique, la France réfléchit à nous transformer en code-barre pour nous autoriser à quitter notre domicile.

Le gouvernement veut lancer une expérimentation du dispositif des QR Codes à l'entrée des restaurants ouverts pour les routiers. Chaque routier devra scanner le QR Code à l'entrée de l'établissement pour signaler sa présence.


Pour résumer ce chapitre:


  • Dans les années 50, le manque de travailleurs qualifiés était considéré, en Europe, comme une menace pour l'économie, raison pour laquelle l'idée de la libre circulation s'est imposée petit-à-petit.


  • Le Traité de Maastricht consacre le concept d'une citoyenneté européenne commune et la réduction des formalités de contrôle aux frontières en Europe. 


  • L'accord de Schengen a permis aux citoyens européens de franchir librement la plupart des frontières intra-européennes sans avoir à montrer leur passeport. 


  • La vision de l'avenir de Klaus Schwab vient déconstruire les bases de la libre circulation en Europe: un exécutif de plus en plus fort, toujours plus de contrôle et de surveillance, le sacrifice altruiste et l'abandon de la propriété.


  • Le covid a ouvert une fenêtre d'opportunité étroite pour mettre en place les principes du Forum Economique Mondial.


  • Tout a été fait, sous l'égide des conseils du cabinet Mc Kinsey, pour prolonger l'état d'urgence pandémique.



Chapitre 2: la liberté de mouvement, droit élémentaire et fondamental.


Hannah Arendt considère la liberté de mouvement comme la plus ancienne et la plus élémentaire. Survivra-t-elle à la gestion de la Covid19 à l'heure où la Commission européenne propose de rendre le certificat numérique pérenne? Ne trouvera-t-on pas, pour remplacer la Covid19, une nouvelle excuse, comme le réchauffement climatique, pour limiter les droits fondamentaux?


La Libre circulation, liberté la plus ancienne et aussi la plus élémentaire.


On trouve dans l'?uvre de Hannah Arendt une mise en perspective des mesures de lutte contre la propagation du SARS-Vov-2 terrifiante.


"Pouvoir aller où l'on veut est le geste prototypique de l'être libre, tout comme la limitation de la liberté de mouvement a été depuis toujours la condition préalable à l'esclavage. La liberté de mouvement est également une condition indispensable à l'action, et c'est dans l'action que les êtres humains font leur première expérience de la liberté dans le monde.


La notion de liberté de mouvement joue un rôle crucial dans l'?uvre de Hannah Arendt. Il s'agit, pour elle, de la "liberté la plus ancienne et aussi la plus élémentaire". 


D'une part, la liberté de mouvement devient une condition indispensable pour que l'action soit possible.

Pour Arendt, la limitation de la liberté de mouvement est présentée comme la condition préalable à l'esclavage.


D'autre part, elle constitue la base de la liberté de pensée, indispensable pour se libérer des liens, des volontés de la tradition, des différents corsets idéologiques ou de l'activité mentale trépidante qui ne laisse aucune place à la pensée et au jugement véritables.


La libre circulation est essentielle au développement d'une pensée authentique. Elle est également reconnue comme un droit fondamental des personnes qui tentent d'habiter le monde.


Une analyse du passé qui devrait nous inquiéter. 


Dans Les origines du totalitarisme, écrit peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Arendt étudiera la signification des camps. Elle les divise en trois types : Hadès, Purgatoire et Enfer.


"L'Hadès correspond à ces formes relativement douces, autrefois populaires dans les pays non-totalitaires, pour écarter du chemin les éléments indésirables - réfugiés, apatrides, asociaux et chômeurs ; ainsi [sont] les camps de personnes déplacées, qui ne sont rien d'autre que des camps de personnes devenues superflues et gênantes (...)" 


Le Purgatoire est représenté par les camps de travail de l'Union soviétique, où la détention est combinée avec un travail forcé chaotique.


L'enfer, au sens le plus littéral, a été commandé par ces types de camps perfectionnés par les nazis, dans lesquels toute vie était minutieusement et systématiquement organisée afin de fournir le plus grand tourment possible.


La montée en puissance des camps intervient à une époque, rappelle Arendt, dans laquelle "Des millions d'êtres humains devenaient économiquement superflus et socialement encombrants".


Dans une "Terre surpeuplée", les masses modernes commencent à faire l'expérience d'être considérées comme remplaçables.

La situation s'est-elle améliorée, avec l'avènement de la robotisation, de l'informatique et de la numérisation, à l'heure où la terre n'a jamais été autant peuplée?


Les différentes phases de l'implantation du totalitarisme:


Arendt identifie différentes phases de la terreur totalitaire qui prive l'individu de toute dignité.


La "première étape, essentielle sur la voie de la domination totale", consiste à "tuer la personne morale en l'homme (...) en plaçant certaines catégories de personnes hors de la protection de la loi". 


Cela ne signifie que vous n'êtes pas égal aux autres devant la loi ; il n'y a tout simplement pas de loi pour vous, vous n'avez pas de reconnaissance légale. Un état de fait que de nombreux réfugiés, migrants forcés, apatrides connaissent encore aujourd'hui.


Nous avons des raisons de nous inquiéter d'une dérive de ce genre, avec la crise du Covid. Dans sa tribune de l'entre-deux-tours, Emmanuel Macron écrit


"Est français celui pour qui la liberté est un idéal indépassable. Non pas la liberté du vide, celle qui, refusant le vaccin, est en réalité une tyrannie pour les autres.


La vaccination anticovid, que le Président n'a pourtant pas officiellement rendue obligatoire, est devenu un critère de citoyenneté sous son premier quinquennat. 


Remarquons également l'inversion Orwélienne du langage: le consentement libre et éclairé devient la tyrannie. Ceux qui font le choix légal de ne pas se faire vacciner deviennent de facto des tyrans pour les autres. 


Qu'a-t-il l'intention de faire avec "les tyrans", lors de son second quinquennat?


Dans le système totalitaire nazi, il était essentiel de priver les Juifs même du statut de citoyens de seconde zone comme préalable à leur extermination. La suppression de la liberté juridique s'accompagne de l'internement :


"D'un point de vue propagandiste, cela signifie que la détention de protection est considérée comme une mesure de police préventive, c'est-à-dire comme une mesure qui prive les gens de leur capacité d'agir".


Après la destruction de la personne juridique, et une fois empêché de circuler librement, voir interné, les phases suivantes annihileront progressivement la personne morale et détruiront finalement l'identité unique de chaque individu.


Ces relations entre la personnalité juridique et morale et l'identité propre de l'individu ont été abordées par notre auteur dans un ouvrage de 1943, Nous, les réfugiés


"L'homme est un animal social et sa vie est difficile s'il est isolé de ses relations sociales. Il est beaucoup plus facile de maintenir des valeurs morales dans un contexte social et très peu d'individus ont la force de maintenir leur intégrité si leur position sociale, politique et légale est confuse". 


Les différentes mesures prises "pour lutter contre la propagation du SARS-Cov-2" et qui consistaient dans un premier temps à nous isoler les uns des autres, puis à donner des droits plus à certains qu'à d'autres, montrent qu'il ne suffit pas d'être de simples personnes pour avoir des droits, mais qu'il faut également atteindre la pleine citoyenneté dans l'État.


Les Droits de l'homme, tels que consacrés par la Convention européenne des Droits humain, ne sont que lettres mortes sans les droits des citoyens.


Libre circulation et état totalitaire.


Parmi les éléments fondamentaux du totalitarisme, Arendt place les restrictions de la liberté de mouvement physique. 


Arendt affirme que, loin de constituer un gouvernement arbitraire et sans loi, le totalitarisme exécute les lois du mouvement qui permettent de "guider le comportement de ses sujets".


La libre circulation et la lutte contre la propagation du SARS-Cov-2.


Lors du premier trilogue, qui s'est prolongé tard dans la nuit, les co-législateurs n'ont pas réussi à trouver un accord politique sur les caractéristiques d'un certificat de vaccination numérique. Il a été décidé que les négociations se poursuivront rapidement, "dans le but de conclure un accord à temps pour la saison estivale".


Les négociations ont été rendues difficiles par les différentes approches de la mise en place du certificat numérique: l'idée fait l'unanimité mais pas le processus de mise en place. 


Le Conseil aurait voulu créer le produit avant de décider quoi en faire exactement alors que le Parlement insistait sur le fait que le certificat doit être clairement défini dans l?accord politique - et que ses utilisations devaient être claires, avant de passer au vote. 

Le Parlement n'entendait pas acheter un chat dans un sac.


Le second trilogue a permis de trouver un accord politique entre le Parlement européen, la Commission européenne et le Conseil de l'Europe.

Le certificat vert numérique devient le « certificat numérique européen Covid». 


Il entrera en vigueur le 1er juillet 2021 pour une durée d?un an et ne constituera pas une précondition à la liberté de circulation des ressortissants européens dans l?Union européenne. Vous pouvez décider de voyager au sein de l'Union européenne sans être détenteur de votre certificat numérique.


Les États membres ne pourront pas, en principe, sauf exception dûment justifiée et de manière proportionnée, imposer d?autres restrictions (testing, quarantaine) aux ressortissants européens en possession de ce certificat pour accéder à leurs territoires.

Autrement dit, vous pouvez voyager au sein de l'Union européenne sans certificat numérique mais dans ce cas, vous êtes à la merci de n'importe quelle restriction imposée par votre pays de destination.


Curieuse décision lorsqu'on se rappelle de l'objectif premier du certificat numérique européen: uniformiser les mesures de lutte contre la propagation du SARS-Cov-2...


La mise en place du certificat numérique européen arrive au moment ou la Suède abouti à une conclusion courageuse, enfin basée sur des faits scientifiques et non politiques: 


« La technologie sur laquelle sont basés les tests PCR pour détecter des virus ne peut pas faire la distinction entre les virus capables d'infecter les cellules et les virus qui ont été neutralisés par le système immunitaire et, par conséquent, ces tests ne peuvent pas être utilisés pour déterminer si une personne est contagieuse ou non. L'ARN du virus peut souvent être détecté pendant des semaines (parfois des mois) après la maladie, mais cela ne signifie pas que vous êtes toujours contagieux. Il existe également plusieurs études scientifiques qui suggèrent que la contagion du covid-19 est la plus grande au début de la période de la maladie. » 


En 2022, en France, comme en Belgique, comme pour la Commission européenne, toute la politique de gestion des variants tourne autour des tests PCR...


Le risque d'anéantissement des valeurs européennes.


La libre circulation:


En 2021, l'Union européenne, suivant les recommandations internationales de l'époque, considérait que les mesures COVID-19 devaient être appliquées en fonction de la situation individuelle des personnes et non plus de la région d'origine.


Cela signifie que le statut de vaccination, de test ou de rétablissement d'un voyageur contre la COVID-19, prouvé par un  certificat numérique COVID de l'UE valide , était considéré comme un facteur déterminant dans la lutte contre la propagation du SARS-Cov-2. 


Rapidement, des députés ont mis en garde contre la possibilité que ce certificat ne devienne de facto une condition préalable pour voyager en Europe, ce qui compromettrait l?objectif de faciliter la liberté de circulation. 


Ils ont exhorté la Commission à demeurer vigilante et à faire respecter la liberté de circulation par les États membres. Ainsi, la Commission LIBE a interrogé le Commissaire Reynders sur la proposition législative relative au certificat vert numérique.


Des députés ont également pointé du doigt l?absence de consensus concernant la question de l?immunité acquise et ont souligné que la Commission devra prendre en compte les futurs développements scientifiques et les normes internationales lors de la conception du certificat.

La question des personnes ayant reçu une injection de vaccin actuellement non reconnu par l?Agence européenne des médicaments a également été soulevée lors du débat.

En évoquant plusieurs initiatives nationales prévoyant l?utilisation de certificats de santé, certains députés ont demandé des clarifications sur le lien entre le certificat de l?UE et de telles initiatives nationales.


D?autres députés ont également rappelé que les citoyens devaient avoir de façon urgente accès à des tests PCR abordables afin d?éviter une possible discrimination à l'encontre des personnes non-vaccinées.

« Avec les voyageurs européens vaccinés séparés des non vaccinés, les infectés des non infectés et les immunisés des non immunisés, le certificat vert numérique, s'il était appliqué, serait une garantie de discrimination au sein de l'UE ». 


Afin de rassurer les eurodéputés et l'OMS, qui s'est déclarée défavorable à la mise en place de ce certificat, Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, a affirmé que ce pass sanitaire européen laisserait la possibilité de prouvé une immunité naturelle par prise de sang et ne serait, de toute façon, qu'un document facultatif, déclaratif utilisé sur base volontaire. 


Le RGPD


Les États membres voudraient utiliser les données collectées pour les certificats digitaux à des fins autres que la libre circulation, selon un projet de document du Conseil consulté par POLITICO.

La Commission souhaite limiter sa proposition de «certificats verts numériques» aux seuls déplacements entre pays de l?Union.

Mais le document du Conseil a confirmé que les gouvernements veulent garder leurs options ouvertes au-delà des voyages.


« La base juridique du traitement de ces données à d'autres fins que le voyage doit être prévue dans le droit national »selon ce document. 

?Le scan du code QR ne montrerait actuellement pas s?il s?agit d?un test PCR négatif, d?une vaccination ou d?anticorps. Comme chaque destination applique actuellement des règles différentes, ce code ne nous est pas d?une grande utilité. Il n?y a rien d?autre à faire que de vérifier les documents visuellement", déplore le porte parole de Brussels Airlines, au moment de la mise en route du certificat numérique européen. 


Autrement dit, au printemps 2021, chaque voyageur doit ouvertement signaler son statut pour pouvoir monter dans son avion. 


Faire illusion.


Peu avant l'été 2021, la Commission européenne a proposé une mise à jour de la recommandation du Conseil relative à une approche coordonnée de la restriction de la libre circulation en réaction à la pandémie de COVID-19. 


Cette mise à jour concerne un «frein d'urgence» si la situation épidémique se détériore.


Très logiquement, avec l'apparition des différents variants (à l'époque, delta était devenu majoritaire en Europe), les États membres auraient du réintroduire des mesures de restriction des déplacements pour les personnes vaccinées et les personnes rétablies si la situation épidémiologique se détériore rapidement ou lorsqu'une prévalence élevée de variants préoccupants ou à suivre a été signalée.


« Les personnes entièrement vaccinées, qui attrapent des variants du Covid, pourraient transmettre le virus, selon une étude. Une étude montre que les cas post-vaccinaux sont plus susceptibles d'être infectés par des souches virales apparues ces derniers mois. » 


Ayant tout misé sur la vaccination, l'Union européenne n'a JAMAIS appliqué ce frein d'urgence MALGRE l'apparition d'autres variants après Delta. Pourtant, il aurait dû être utilisé: les personnes vaccinées représentant un potentiel danger incontrôlable puisqu'elles favorisent la circulation des variants


Ce frein d'urgence est un aveu d'échec qui aurait conduit à la défection du public pour la dose de rappel (3e dose en un an) et la deuxième dose de rappel (4e dose en moins de 18 mois). 


Plus de contrôle, moins de liberté.


En 2022, la pression sur les européens s'intensifie.


Conformément aux nouvelles règles, les États membres de l'UE doivent accepter les certificats de vaccination pour une période beaucoup plus courte qu'initialement (365 jours): 270 jours (9 mois) à compter de la fin de la primovaccination. 


Pour un vaccin à deux doses, cela signifie 270 jours à compter du deuxième vaccin ou, conformément à la stratégie nationale de vaccination, du premier et unique vaccin après avoir récupéré du COVID-19.

Pour un vaccin à dose unique, cela signifie 270 jours à compter de la première et unique injection.


Les pays de l'UE ne devraient pas prévoir de période d'acceptation différente pour les voyages à l'intérieur de l'Union européenne. La période d'acceptation standard ne s'applique pas aux certificats pour les doses de rappel.

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Depuis le 1er février 2022, de nouvelles règles ont également été mises en place concernant l'encodage des injections de rappel dans le Certificat. Comme déjà précisé en décembre, les boosters seront enregistrés comme :

3/3 pour une dose de rappel suite à une primovaccination en 2 doses

2/1 pour une dose de rappel suite à une vaccination en une dose ou une dose d'un vaccin en 2 doses administré à une personne guérie.

Les certificats qui ont été délivrés différemment avant cette clarification doivent être corrigés et délivrés à nouveau, pour s'assurer que les rappels peuvent être distingués du statut de vaccination complète.

Cette recommandation est entrée en vigueur le 1er février 2022.


Le 3 février 2022, la Commission a proposé de prolonger d'un an le système de certificat numérique COVID de l'UE, jusqu'au 30 juin 2023 alors même que la situation d'urgence et que la situation de pandémie n'existent plus. 


Pour résumer ce chapitre:

  • La libre circulation est essentielle au développement d'une pensée authentique. Elle est également reconnue comme un droit fondamental des personnes qui tentent d'habiter le monde.


  • Les limitations de liberté de mouvements font partie du totalitarisme.


  • Le totalitarisme exécute les lois du mouvement qui permettent de "guider le comportement de ses sujets".


  • La "pandémie" de covid19 est une fenêtre d'opportunité pour "plus de contrôle, moins de liberté" de la doctrine de Klaus Schwab. 


  • La Commission européenne veut prolonger le certificat numérique européen alors qu'une année d'utilisation a démontré son inutilité et sa non proportionnalité.