La Commission européenne ne peut pas prendre seule ce genre de décisions.
Les réseaux sociaux ont beaucoup parlé d'une "décision unilatérale de la Commission européenne" mais en réalité, il s'agit d'un acte d?exécution d'un Règlement adopté par le Parlement européen et le Conseil en 2015 et qui est manifestement passé inaperçu toutes ces années.
Aujourd'hui, après trois années de "crise" covid, une année de "crise" ukrainienne, nous sommes sans doute plus attentifs aux décisions qui sont prises au nom des citoyens belges et européens.
C'est à saluer!
Si, en tant qu'électeur, vous remarquez que les décisions de vos élus (européens et/ ou nationaux) ne cadrent plus avec vos attentes, il est temps de réfléchir à comment les sanctionner car aujourd'hui, force est de constater que même le résultat des urnes ne les empêche plus de prendre des décisions en faveur des lobby, au détriment de la volonté des électeurs.
Mais c'est un autre sujet.
Pas plus que pour les autorisations de mise sur le marché des autres insectes, celle concernant le grillon domestique, ne permet l'utilisation de ce produit à l'insu des consommateurs.
La présence de farine de grillon doit être clairement indiquée dans les ingrédients.
De plus, une indication spéciale concernant les risques allergiques pour les personnes ayant des antécédents d'allergies aux crustacés et/ ou aux acariens doit être clairement apposée sur l'emballage.
L'autorisation de mise sur le marché indique même que cette alerte concernant les risques d'allergie doit se trouver à proximité de l'étiquette des ingrédients.
Une autre publication, montrant qu'il y a déjà des insectes "à l'insu de notre plein gré" notamment dans des confiseries Kinder, est imprécise et joue sur l'émotionnel du spectateur.
Le produit incriminé est une sorte de gomme produite par un insecte et utilisée comme colle alimentaire, ce n'est pas l'insecte en lui-même.
Evidement, vous avez le droit de ne pas avoir envie de manger une sécrétion d'insecte mais personne ne vous y oblige.
La présence de cet ingrédient est clairement indiquée sur les paquets.
C'est également le cas pour la présence de rouge carmin, un colorant alimentaire produit à partir de cochenille.
Vous avez aussi le droit de ne pas vouloir ingérer des aliments colorés avec des insectes écrasés mais à nouveau, ces ingrédients étant indiqués sur les emballages, c'est votre responsabilité de consommateur d'apprendre à lire une étiquette (et de sensibiliser vos enfants).
Ainsi, les additifs alimentaires contenant des insectes ou dérivés d'insectes sont identifiés par des codes spécifiques. Voici quelques exemples courants :

Les rares insectes autorisés pour la consommation humaine dans l'Union européenne le sont au compte-goutte, exclusivement aux fabricants qui en font la demande, via un dossier d?autorisation décrivant précisément le produit : sous quelle forme, quelles teneurs en différents composants, leur innocuité, les risques allergènes, etc.
Actuellement, quatre de ces insectes sont autorisés à la consommation :
Comme tous les autres aliments, la présence de ces substances doit obligatoirement être mentionnée dans la liste d?ingrédients.
La consommation d'insectes en Europe et dans le monde.
Nos ancêtres ne rechignaient pas à manger quelques termites à l'occasion et la consommation d'insectes est encore très culturelle dans de nombreuses régions du monde, notamment en Asie. Si vous passez à Angkor, vous avez ainsi la possibilité de tester des mygales frites et si vous passez par les marchés flottants de Bangkok, vous aurez le choix entre des grillons ou des crickets.
"Ce que nous savons moins, et que plusieurs experts, comme la spécialiste américaine Lisa Monachelli ou l?entomologiste et professeur à l?Université de Wageningen Marcel Dicke ont mis en évidence, c?est que chaque personne mange une moyenne de 500 grammes d?insectes chaque année, par inadvertance.
Ce chiffre peut paraître étonnant, la légalisation des insectes pour son usage alimentaire étant encore en discussion au niveau de l?Europe. Mais si on recherche parmi les ingrédients des produits qu?on consomme au quotidien et les autorisations sanitaires, les dérivés d?insectes ou morceaux d?insectes sont plus communs que ce que l?on pense."
La question sanitaire soulevée par ce débat n'est pas tant la consommation ou on d'insectes mais la consommation de plus ou de moins de pesticides...
Des fibres indigestes.
Certes, les humains ne disposent pas des enzymes capables de digérer la chitine.
La chitine est un glucide qui compose la carapace des insectes mais aussi les téguments des champignons. Quant à la cellulose, il s'agit d'un autre glucide, qui compose le "squelette" des végétaux.
Nous ne disposons des enzymes capables de les digérer ni l'un, ni l'autre.
Si vous êtes amateurs de champignons, vous ne digérez donc pas la chitine des téguments de vos champignons.
Ne pas digérer la cellulose ne vous empêche pas, j'espère, de manger vos cinq fruits et légumes quotidiens (ceux avec le moins de produits chimiques dessus...)
Chitine et cellulose non digérées vont tout simplement gonfler le bol alimentaire, facilitant la digestion et l'élimination: elles limitent donc les risques de constipation et tous les ennuis de santé qui y sont liés.
Bien, entendu, vous avez le droit de vouloir assurer un bon transit intestinal via les fibres alimentaires végétales (dont la cellulose) plutôt que animal.
Et vous n'avez même pas besoin de chercher des justifications scientifiques pour ça: c'est votre droit de consommateur.