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La Ligue Wallonne pour la Santé Mentale craint que le guide EVRAS nuise à la santé mentale des enfants et des adolescents, surtout les plus jeunes, de moins de 16 ans.

Cette analyse datant de mai 2024 est passée inaperçue, les médias n'en faisant pas écho.


Que dit-elle?


Le guide EVRAS : une dérive idéologique sous couvert de pédagogie.


Le guide pour l'Education à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle (EVRAS) se présente comme un outil éducatif visant à transmettre des connaissances aux jeunes.


Mais à y regarder de plus près, il apparaît que ce guide est imprégné d'une idéologie non déclarée, prétendument progressiste et émancipatrice, qui repose en réalité sur des hypothèses non validées et des principes contestables.


Ce document, loin d'être un simple manuel éducatif, s'apparente davantage à un manifeste idéologique.


Une conception problématique dès la base.


Le problème fondamental de l'EVRAS ne réside pas seulement dans certaines formulations ou détails, mais dans l'esprit général qui le sous-tend.


Il n'a pas été rédigé par des spécialistes de l'enfance ou de la jeune adolescence, ce qui a conduit à des projections inadaptées aux jeunes publics.


Les rédacteurs, issus majoritairement des services de planning familial et imprégnés de théories de genre radicales, ont produit un texte qui cherche davantage à convertir les jeunes à une idéologie qu'à les éduquer de manière neutre et équilibrée.


L'absence de la famille et l'exaltation de l'individualisme.


L'un des manquements les plus graves du guide est la négligence totale du rôle de la famille dans le développement des enfants. La famille, pourtant un pilier fondamental de l'éducation et du bien-être des jeunes, est presque absente du discours du guide.


À la place, une valorisation excessive de l'autodétermination est promue, dès le plus jeune âge, poussant les enfants à se définir eux-mêmes en dehors de tout cadre familial ou social. Ce rejet des limites structurantes nécessaires conduit à l'émergence d'une psychologie d'enfant-roi, déconnectée des réalités sociales et familiales.


Une sexualité déconnectée des émotions et du respect mutuel.


Comme nous le soulignions dans notre précédent article, pour un guide qui se veut de la vie affective et relationnel, il fait la part bel au sexe (mot recensé un nombre incalculable de fois dans le guide, mettant très peu en avant l'amour, la tendresse et ... le relationnel.


La manière dont le guide aborde la sexualité est problématique.

La sexualité y est présentée avant tout comme une source de plaisir individuel, sans véritable prise en compte des dimensions émotionnelles, relationnelles ou éthiques.


Les pratiques sexuelles sont abordées de manière technique, comme des compétences à acquérir, sans se soucier de l'impact psychologique ou des valeurs familiales et sociales qui devraient encadrer ces discussions.


L'hétéronormativité, pourtant majoritaire et statistiquement représentative, est dénigrée, tandis que des pratiques précoces et parfois douteuses sont normalisées, y compris la pornographie et les relations sexuelles transactionnelles.


Témoignage de Nadia Brönimann : une réflexion sur l'identité et les limites de la transition.


Nadia Brönimann, pionnière de la chirurgie de réassignation de genre (article en allemand), apporte un témoignage crucial qui résonne fortement avec les critiques du guide EVRAS.


Elle exprime sa lassitude d'être obsédée par son apparence physique, une quête qui l'a enfermée dans une vision trop corporelle de son identité.


"Je pensais que si j'échappais à Christian, si je changeais de coquille, alors tout irait bien, je serais quelqu'un d'autre," confie-t-elle.


Mais cette transition n'a jamais réussi à la réconcilier avec elle-même, et elle critique désormais le mouvement trans pour son obsession paradoxale du corps, qui renforce les stéréotypes de genre plutôt que de les déconstruire.


Nadia souligne également le manque de précautions prises à l'égard des enfants souhaitant transitionner, se réjouissant des mesures plus strictes qui commencent à émerger dans certains pays.


Son témoignage souligne la complexité et les dangers associés à la transition médicale, insistant sur le fait que ce processus n'apporte pas toujours le bonheur escompté et peut entraîner des conséquences irréversibles.


Lors d'une vidéo, j'ai exprimé ma surprise face à la facilité actuelle de transitionner.


En tant qu'infirmière diplômée depuis juin 1999, avec une expérience en médecine, chirurgie, psychiatrie, ainsi qu'en soins intensifs et soins d'urgence, j'ai pu observer l'évolution des procédures.


À l'époque, entamer une transition de genre était un parcours long, exigeant plusieurs années et impliquant de nombreuses consultations médicales, chirurgicales, mais surtout un suivi rigoureux par une équipe pluridisciplinaire composée de psychiatres, psychologues, éducateurs et assistants sociaux.


Bien que la procédure de l'époque ait pu sembler lourde et pénible, il est préoccupant qu'aujourd'hui, une transition de genre puisse être entamée avec la même facilité que celle de changer de coiffure. C'est un pas que nous n'aurions jamais dû franchir.


Un contenu choquant et inadapté.


Le guide inclut donc des enseignements sur les sextos et les photos intimes auprès d'enfants de 9 à 11 ans, normalisant des comportements qui devraient être strictement encadrés, voire interdits à cet âge, chose que nous dénoncions également.


Pire encore, le guide semble ignorer les lois pénales belges qui protègent les mineurs, en ne mentionnant pas clairement ce qui est légalement interdit, tout en encourageant des comportements illégaux sous couvert de consentement.


Des fondations juridiques fragiles et une adoption controversée


D'après l'analyse de la Ligue wallonne pour la santé mentale, l'adoption du guide EVRAS est également problématique sur le plan juridique et démocratique.

Bien que l'enseignement de l'EVRAS soit intégré dans le cadre éducatif depuis 2012, le contenu du guide n'a jamais été soumis à l'approbation des parlements concernés.


Il a été adopté directement par les gouvernements via des accords de coopération, évitant ainsi toute discussion parlementaire.

Cette méthode soulève à nouveau de sérieuses questions sur la légitimité démocratique du processus et sur la transparence des décisions prises.


Une intrusion idéologique dans l'éducation de nos enfants.


Il est temps de remettre en question ce guide et de demander une révision complète de son contenu, en y incluant des spécialistes de l'enfance, des psychologues, et des éducateurs qui comprennent réellement les besoins des jeunes.


Le droit des parents à éduquer leurs enfants selon leurs propres convictions doit être respecté, et l'éducation sexuelle doit être adaptée à l'âge et à la maturité des élèves, sans les submerger d'informations prématurées ou idéologiquement biaisées.


Le témoignage de Nadia Brönimann, avec sa réflexion profonde sur l'identité et les limites de la transition, doit servir d'avertissement sur les dangers de certaines pratiques et de certaines approches éducatives trop radicales.