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Au lendemain des élections US, les commentaires de chaque camps sur les RS faisaient dans la nuance et la réflexion.


J'écrivais, après quelques minutes à scroller à la recherche d'une analyse un peu fine, ceci:


"Breaking News : Il paraît que les élections ont eu lieu aux Etats-Unis!

Et ce matin, on a, d'un côté, les prophètes de l'Apocalypse, convaincus que le grand démon en personne vient d'être élu et que les sauterelles mutantes envahiront bientôt nos villes. ?

De l'autre, les apôtres du renouveau, persuadés que l'élu va transformer l'eau en vin, assécher le marais (comme ils disent) d'un coup de baguette magique et nous guider vers un âge d'or où tout le monde aura une licorne personnelle. ?

? Bref, pour résumer : visiblement, les États-Unis viennent d'élire à la fois Voldemort et Harry Potter. Dark Vador et Luke Skylwalker. Joker et Batman.

Moi, je me demande juste où je pourrais suivre une version normale et nuancée des informations, qui ne se contente pas de dire que Harris a perdu parce qu'elle est une femme noire ou que Trump a gagné parce que les américains sont des abrutis."


Je précise que la question est une question rhétorique: je connais Toscin, je connais Le Monde moderne, je connais Blast et bien d'autres médias alternatifs.


J'ai particulièrement été étonnée par l'argument brandit par certains chroniqueurs ou invités des médias traditionnels attribuant la défaite de Harris au fait qu'elle est une femme. J'ai trouvé cet argument particulièrement...misogyne.


Affirmer que Kamala Harris a perdu parce qu?elle est une femme réduit la valeur de ses idées et de ses actions à une simple question de genre.

Cette analyse enferme Harris dans une position de victime incapable d?évoluer dans le système politique en raison de son genre, ce qui va évidemment à l?encontre de l?égalité que ces gens prétendent défendre.

Bref.


Alors, comme on est jamais mieux servi que par soi-même, j'ai fait quelques recherches que je vous livre ici, avec mes propres réflexions, qui n'engagent que moi.

Ces recherches ont été en partie faites avec l'aide de l'IA.


Cet article est très long.

Trop sans doute.

Il est structuré en deux parties:

  • Harris a-t-elle perdu parce qu'elle est une femme?
  • Harris a-t-elle réellement été battue aussi sèchement qu'on le laisse entendre?
  • Le projet 2025, un échec de communication des démocrates qui pourrait déraper.


Il ne va plaire ni aux pro-Trump, ni aux anti-Trump.

Vous voilà prévenu.


Harris a-t-elle perdu parce qu'elle est une femme?


Présenter la victoire de Trump comme une simple réaction raciste et misogyne passe à côté des nuances de l'électorat américain.


Un vote misogyne?

Les données de sorties des urnes montrent une réalité bien différente : des sous-groupes minoritaires ? dont une part notable de Latinos, d?Afro-Américains et d?Asiatiques ? ont soutenu Trump, bien plus qu'en 2016 et 2020.


L'IA a compulsé plusieurs sources pour tirer les statistiques des élections passées et extrapoler les statistiques de 2024:


Les sources de l'IA:


Ainsi, le soutien à Trump a augmenté de façon notable entre 2016 et 2020 parmi les hommes latinos et les femmes latinas, et les données préliminaires de 2024 montrent une hausse potentielle de ce soutien.

Le soutien parmi les hommes et les femmes asiatiques a également augmenté, reflétant une tendance similaire.

Le soutien pour Trump reste plus faible dans le groupe des afro-américains, mais une augmentation est observée surtout chez les hommes.


Ce qui est plutôt inattendu, pour moi, c'est de m'apercevoir que le soutien des hommes blancs n'a pas retrouvé le niveau de 2016. Cependant, il reste plus fort que dans les autres communautés.

L'écart entre le vote des femmes blanches et celui des hommes blancs n'est pas significatif.


En revanche, celui entre le vote des hommes et le vote des femmes des autres communautés l'est.

Les écarts de 8 % et 10 % dans les groupes latino, asiatique et afro-américain sont considérés comme significatifs dans un contexte électoral, car ils montrent des différences importantes de soutien pour Trump entre les genres dans ces communautés.


Même si le vote des femmes de ces communautés est en augmentation, Trump le convainc moins que les hommes de leur communauté.


En particulier dans la communauté afro-américaine, les hommes ont deux fois plus de chance de voter Trump que les femmes. De là à accuser les hommes afro-américains de misogynie, il y a un pas que certains dans les médias traditionnels n'ont pas hésité à franchir.


J'ai donc demandé à l'IA si on avait une idée des raisons pour lesquelles les femmes afro-américaines semblent moins convaincues par Trump que les hommes de la même communauté.


Les raisons qui ont convaincu les hommes afro-américains de voter Trump.

L'administration Trump a mis en avant les gains économiques et la réduction du chômage parmi les Afro-Américains avant la 'pandémie', ce qui a contribué à renforcer le soutien parmi certains électeurs masculins de ce groupe. En 2019, le taux de chômage des Afro-Américains était tombé à un niveau historiquement bas de 5,5 %, avant de remonter avec la 'pandémie'.

Certains hommes afro-américains voient dans les politiques économiques de Trump une forme d?opportunité économique et d?égalité de traitement, perçue comme basée sur le mérite individuel. Des recherches de l?Institut Brookings et des sondages du Pew Research Center montrent que les Afro-Américains qui soutiennent Trump sont souvent motivés par des préoccupations économiques, notamment l?emploi et la prospérité financière.

Sources :


Les hommes afro-américains, surtout dans les zones à forte criminalité, peuvent être sensibles aux politiques de sécurité. Si les critiques contre les mesures de sécurité renforcées sont nombreuses dans la communauté, certains segments voient dans ces politiques une manière de lutter contre la violence qui affecte leurs quartiers. Cette dynamique peut se traduire par un soutien accru pour des candidats ayant des discours fermes sur la sécurité et le maintien de l'ordre, même si ce soutien est loin d'être unanime.


En 2018, Trump a signé le First Step Act, une loi visant à réformer la justice pénale, notamment en réduisant les peines pour certaines infractions et en favorisant la réinsertion des détenus. Bien que cette réforme n'ait pas été unanimement saluée, elle a été perçue par une partie de la communauté comme un pas en avant pour corriger certaines injustices dans le système pénal, ce qui a pu accroître le soutien parmi les hommes afro-américains.

Sources :


Dans certains segments de la communauté afro-américaine, des valeurs sociales conservatrices influencent le vote. Les électeurs plus religieux et attachés aux valeurs familiales peuvent voir dans le programme républicain une résonance avec leurs convictions. Cela est particulièrement visible dans les sous-groupes évangéliques afro-américains, qui peuvent être sensibles aux discours prônant les valeurs traditionnelles.


Certains hommes afro-américains ressentent une fatigue vis-à-vis de certaines politiques identitaires qu?ils perçoivent comme détachées de leurs préoccupations concrètes, notamment économiques. Ce sentiment se retrouve dans les enquêtes de sortie des urnes, où certains répondants expriment une préférence pour des politiques « pragmatiques » ou orientées vers le travail et la croissance.

Sources :


De nombreux Afro-Américains expriment une méfiance vis-à-vis de l'élite politique, une méfiance qui est parfois plus marquée chez les hommes. Trump a su capter une partie de cet électorat en se présentant comme un outsider prêt à bousculer l?establishment politique. Ce sentiment est également renforcé par des critiques contre certains dirigeants démocrates, perçus comme peu efficaces dans l'amélioration des conditions socio-économiques des Afro-Américains.

Pour certains hommes afro-américains, voter pour Trump représente un choix pragmatique fondé sur des priorités spécifiques, telles que l?économie et la sécurité, plutôt qu'une adhésion à son idéologie dans sa globalité.

Sources :



Les raisons qui ont convaincu les femmes afro-américaines de ne pas voter Trump.

Sous l'administration Trump, des politiques restrictives ont été mises en place, notamment la « Gag Rule » qui limite l?accès aux services de planification familiale, y compris pour des soins autres que l?avortement, dans les cliniques bénéficiant de financements fédéraux.


De nombreuses femmes afro-américaines sont attachées aux services de santé reproductive, en particulier dans les régions où ces services sont déjà limités. Ces politiques de restriction sont souvent perçues comme une attaque contre les droits des femmes, rendant Trump moins populaire auprès de cet électorat.

Les femmes afro-américaines, qui sont statistiquement plus susceptibles d'être des chefs de famille monoparentale, dépendent davantage des programmes sociaux pour les soins de santé, l?éducation, et le soutien aux enfants. Les efforts de l'administration Trump pour réduire les aides sociales (comme les coupes proposées dans les programmes de bons alimentaires) ont été perçus comme un risque pour le bien-être des familles à faible revenu.

Sources :


La perception de Trump comme une figure ayant tenu des propos sexistes et dégradants a pu jouer un rôle dans le rejet du candidat par les femmes afro-américaines. En effet, ses commentaires passés et les allégations d'agression sexuelle ont alimenté une image peu flatteuse parmi les électrices. Les femmes afro-américaines, comme d?autres femmes, sont plus susceptibles de rejeter un candidat dont les propos et actions sont perçus comme hostiles aux droits des femmes.


De nombreuses femmes afro-américaines se mobilisent pour les droits civiques, l?égalité des genres et la justice sociale. Ces préoccupations entrent souvent en contradiction avec certaines politiques de Trump, perçues comme hostiles aux mouvements pour l?égalité. Les femmes afro-américaines sont plus impliquées dans des mouvements comme Black Lives Matter et sont généralement plus enclines à soutenir des politiques promouvant l'inclusion et la justice sociale.

Sources :


Les femmes afro-américaines sont souvent en première ligne des initiatives pour l?éducation de leurs enfants et sont sensibles aux politiques qui affectent le financement des écoles publiques, les bourses pour l?enseignement supérieur, et l?accès aux programmes éducatifs. Les coupes budgétaires dans certains programmes publics et le manque de soutien pour les écoles publiques sous Trump ont pu renforcer leur opposition.


Bien que la sécurité soit également une priorité pour les femmes afro-américaines, elles sont souvent plus critiques envers les politiques de maintien de l'ordre perçues comme injustes ou discriminatoires. Les femmes afro-américaines voient souvent les effets des politiques de criminalité sur leurs familles et leurs communautés. Les politiques répressives de Trump peuvent être perçues comme exacerbant les tensions policières, un sujet particulièrement sensible pour celles ayant des proches potentiellement affectés.

Sources :


Les femmes afro-américaines se sentent parfois négligées ou marginalisées dans les discours et les politiques de Trump. L?administration n?a pas été perçue comme incluant ou respectant les préoccupations spécifiques des femmes issues de minorités. Cela crée une barrière émotionnelle et politique, dans laquelle la vision d?inclusion et de respect des candidats joue un rôle.

Les femmes afro-américaines sont souvent attirées par des candidats qui affichent des valeurs de justice, d?équité, et de reconnaissance de leurs luttes spécifiques. Elles peuvent être sceptiques vis-à-vis des candidats qui ne semblent pas représenter leurs intérêts ou respecter les défis qu?elles affrontent.

Sources :


Je pense qu'on peut conclure que le vote Trump de ces communautés ne s'explique pas uniquement sur une misogynie supposément exacerbée des hommes de ces communautés mais plutôt par un ensemble de préoccupations économiques, sécuritaires et culturelles qui diffèrent de celles des femmes de la même communauté.


Finalement, tout comme dire que Harris a perdu parce qu'elle est une femme est une forme de misogynie, dire de l'électorat de Trump qu'il est misogyne est une forme de stéréotypage raciste qui renforce les clivages.


Un vote raciste?

Pour répondre à cette question, nous devons nous intéresser au bilan du premier mandat de Trump.


J'ai une nouvelle fois fait appel à l'IA pour analyser le mandat de Trump de 2016 à 2020 sur les indicateurs économiques et sociaux suivants : pouvoir d'achat, dette nationale, taux de chômage et taux de chômage des minorités, guerres, et sécurité nationale.


Je lui ai demandé d'examiner les données provenant de sources officielles comme le Bureau of Labor Statistics, le Congressional Budget Office, le U.S. Department of the Treasury, ainsi que d'analyser les productions académiques.


Voici les résultats synthétisés de ses recherches.


1. Pouvoir d'achat

Entre 2016 et 2019, le pouvoir d?achat a connu une augmentation, en grande partie due à la réduction du taux de chômage et à des hausses de salaires, notamment pour les bas revenus.

Le revenu médian des ménages a augmenté en 2019, atteignant son plus haut niveau, avec une hausse d'environ 6,8 % par rapport à 2018 (BEA).

Toutefois, en 2020, la pandémie de COVID-19 a drastiquement réduit le pouvoir d?achat pour de nombreux Américains, avec une perte de revenus et une augmentation du coût de la vie dans certains secteurs.


Sources : Bureau of Economic Analysis (BEA), Pew Research Center, U.S. Census Bureau


2. Dette nationale

La dette nationale a considérablement augmenté sous la présidence de Trump, passant d'environ 19 500 milliards de dollars en 2016 à 27 000 milliards de dollars à la fin de son mandat en 2020.

Les principales causes de cette augmentation sont les baisses d'impôts de 2017 (Tax Cuts and Jobs Act), qui ont réduit les recettes fédérales, et les dépenses pour atténuer l'impact économique de la COVID-19 en 2020.

Le CBO a estimé que les réductions d?impôts ajouteraient environ 1 900 milliards de dollars à la dette sur dix ans.


Source : U.S. Department of the Treasury, Congressional Budget Office (CBO)


3. Taux de chômage et taux de chômage des minorités

Le chômage est passé d'environ 4,7 % en janvier 2017 à son plus bas niveau depuis 50 ans, à 3,5 % en février 2020, avant la crise du COVID-19. En avril 2020, le taux de chômage a atteint 14,8 % en raison de la pandémie.

Le taux de chômage dans la communauté afro-américaine est passé de 7,8 % en janvier 2017 à 5,5 % en février 2020, son plus bas niveau historique.

Le taux de chômage dans la communauté latino a baissé de 5,9 % en janvier 2017 à 4,4 % en février 2020.

Ces baisses ont été soutenues par une économie forte jusqu?à la pandémie, avec des gains d'emplois dans les secteurs manufacturier et de services.


Source : Bureau of Labor Statistics (BLS)


4. Guerres

Le mandat de Trump a été marqué par une diminution de l'engagement militaire direct dans des nouveaux conflits. Il n?a pas initié de nouvelles guerres et a cherché à réduire la présence américaine en Afghanistan, Irak et Syrie.

En 2020, Trump a négocié un accord avec les talibans pour retirer les troupes américaines d'Afghanistan.

Il a également renforcé les frappes de drones et l?engagement dans des opérations de contre-terrorisme, particulièrement contre ISIS et d'autres groupes extrémistes.


Source : U.S. Department of Defense, Congressional Research Service


5. Sécurité nationale

Trump a mis en place des politiques strictes sur l'immigration, comme la construction d'une barrière frontalière avec le Mexique et une politique de « zéro tolérance » à la frontière sud, visant à limiter l?immigration illégale.

Les actions antiterroristes ont été renforcées, notamment avec la mort d'Abu Bakr al-Baghdadi, leader de l'État islamique, en 2019.

La cybersécurité est restée un sujet sensible, et bien que des mesures aient été prises pour protéger les infrastructures critiques, des interférences étrangères dans les élections ont été signalées, notamment par des entités russes.


Source : Department of Homeland Security (DHS), FBI, Pew Research Center


Je pense qu'on peut conclure que le premier mandat de Trump s?est distingué par une économie forte, avec une baisse historique du chômage et une augmentation du pouvoir d'achat pour de nombreux américains, surtout dans les groupes à bas revenus. Trump a également évité l'implication des Etats-Unis dans de nouveaux conflits militaires, tout en réduisant les troupes en Afghanistan, Irak et Syrie.


L'administration Trump de 2016 à 2020 a aussi introduit plusieurs politiques et lois visant à renforcer le contrôle de l'immigration, à restreindre l?immigration légale et illégale, et à durcir les règles pour les immigrés.


Voici les principales mesures et lois qui ont été adoptées ou proposées pendant son mandat :


Le décrets sur l'immigration ou Travel Ban (Interdiction de voyage) :

En janvier 2017, Trump a signé un décret interdisant l'entrée aux États-Unis aux ressortissants de certains pays à majorité musulmane, surnommé le « Muslim Ban ».

La version initiale de cette interdiction a été bloquée par les tribunaux, mais une version révisée (2018) a été validée par la Cour suprême.

Cette interdiction a touché plusieurs pays, dont l'Iran, la Libye, la Somalie, la Syrie, le Yémen mais aussi la Corée du Nord et le Venezuela.


La Politique de « Tolérance zéro » à la frontière:

Cette politique, adoptée en 2018, visait à poursuivre systématiquement tous les adultes franchissant illégalement la frontière, ce qui a conduit à la séparation de milliers d?enfants de leurs parents ou tuteurs.

Cette approche a provoqué une vive controverse et des protestations publiques, aboutissant à une ordonnance exécutive pour limiter les séparations, bien que certaines aient persisté.


Le renforcement des contrôles pour les immigrés ayant commis des délits:

Trump a signé un décret en 2017 qui élargissait la catégorie des immigrants en situation irrégulière prioritaires pour l?expulsion. Désormais, toute personne accusée ou reconnue coupable de délits, même mineurs, pouvait être ciblée.

Une nouvelle règle a été introduite pour limiter la possibilité d'obtention de la carte verte pour ceux qui pourraient devenir

« dépendants » des aides publiques.

Cette mesure visait aussi les immigrés régularisés, ce qui a eu un effet dissuasif parmi les demandeurs de services sociaux.


Le projet de suppression du DACA:

Trump a tenté de supprimer le Deferred Action for Childhood Arrivals (DACA), un programme protégeant de l'expulsion les jeunes immigrés arrivés aux États-Unis sans papiers.

Après plusieurs tentatives, la Cour suprême a finalement bloqué la résiliation en 2020, permettant au DACA de se maintenir temporairement.


La réduction des réfugiés et des visas:

L'administration Trump a réduit le plafond de réfugiés admis aux États-Unis à des niveaux historiquement bas.

Pour l'année 2020, le nombre de réfugiés admissibles était limité à 18 000, contre 85 000 en 2016.

Des restrictions ont également été appliquées aux visas de travail temporaires, comme les H-1B (pour les travailleurs qualifiés), H-2B (pour les travailleurs non agricoles), et L-1 (transferts intra-entreprises), afin de limiter l'immigration de main-d'?uvre étrangère.


La Construction d'un mur frontalier:

Trump n'a pas lancé la construction d?un mur à la frontière mexicaine pour renforcer la sécurité et limiter l'immigration illégale comme on peut souvent l'entendre.

Cette construction a été lancée en 2006, sous l'administration Bush et l'administration Obama a finalisé plus de 700km de barrière physique.


Trump souhaitait remplacer les anciennes clôtures par des structures plus robustes, qualifiées de « mur ».

Bien que certaines de ces nouvelles structures aient été construites, une grande partie des fonds alloués ont servi à moderniser et renforcer les barrières déjà existantes, plutôt qu?à construire de nouvelles sections dans des zones sans barrière.


Les tentatives d'annulation de la nationalité pour les immigrants naturalisés ayant commis des délits:

Bien qu'il n'y ait pas eu de loi explicitement adoptée pour révoquer la nationalité des immigrés naturalisés ayant commis des délits, l'administration Trump a créé une unité spécialisée au sein de l?USCIS (U.S. Citizenship and Immigration Services) pour enquêter sur les fraudes liées à la naturalisation et initier des procédures de dénaturalisation.


Les modification des règles d'asile:

L'administration Trump a également durci les conditions pour les demandes d'asile. Par exemple, il a instauré une règle obligeant les demandeurs d'asile en provenance d'Amérique centrale à demander l'asile dans le premier pays qu'ils traversaient avant d?arriver aux États-Unis (le soi-disant « third-country rule »). Cette mesure visait à réduire le nombre de demandeurs d'asile entrant aux États-Unis depuis le Mexique.


Certaines mesures migratoires de l?administration Trump ont suscité des inquiétudes quant à leur impact sur les droits fondamentaux, notamment en ciblant des segments de la population perçus comme « étrangers » ou « potentiellement dangereux ».


Le fascisme, dans sa définition académique, se caractérise par un pouvoir autoritaire qui valorise un nationalisme excluant, prônant la soumission des groupes vulnérables ou perçus comme « étrangers » à un contrôle strict et souvent répressif.


Certaines actions de Trump, comme l?attaque contre le DACA, flirtent dangereusement avec cette ligne.

L'attaque contre le DACA met sous pression les jeunes migrants en situation irrégulière, et les règles visant à priver les immigrés dépendant des aides sociales de leur carte verte sont un moyen brutal de restreindre la présence de ceux qui ne sont pas immédiatement « utiles » économiquement au pays.

La création d?une unité dédiée à la dénaturalisation des citoyens naturalisés ayant commis des délits franchit cette ligne en introduisant une distinction entre citoyens de naissance et citoyens naturalisés.

Cela revient à demander à ces derniers de prouver en permanence leur « légitimité » en tant que citoyens, alors que les citoyens de naissance n'ont pas à légitimer leur statut.


Ce glissement vers une citoyenneté conditionnelle ne concerne aujourd'hui que les immigrants, mais demain, qui sera le prochain groupe concerné ?


Le premier mandat de Trump ayant été marqué par une politique économique dynamique et cette approche répressive a séduit les électeurs, en quête de fermeté et de sécurité.

Mais à quel prix?

Et cela explique-t-il vraiment la défaite écrasante de Kamala Harris ?


D'ailleurs, cette défaite est-elle aussi écrasante qu'on nous l'assure?


Harris a-t-elle subit une défaite écrasante?


J'ai vu passé, sur X, une infographie montrant les résultats des élections depuis Clinton. Je n'ai pas pensé à la sauver sur le moment, alors, j'ai demandé à l'IA de la générer.





??????Élection présidentielle de 1992 : Bill Clinton vs. George H. W. Bush

  • Bill Clinton (Démocrate) : 43,0 % du vote populaire, 370 grands électeurs
  • George H. W. Bush (Républicain) : 37,4 % du vote populaire, 168 grands électeurs


Élection présidentielle de 1996 : Bill Clinton vs. Bob Dole

  • Bill Clinton (Démocrate) : 49,2 % du vote populaire, 379 grands électeurs
  • Bob Dole (Républicain) : 40,7 % du vote populaire, 159 grands électeurs


Élection présidentielle de 2000 : Al Gore vs. George W. Bush

  • Al Gore (Démocrate) : 48,4 % du vote populaire, 266 grands électeurs
  • George W. Bush (Républicain) : 47,9 % du vote populaire, 271 grands électeurs


Élection présidentielle de 2004 : John Kerry vs. George W. Bush

  • John Kerry (Démocrate) : 48,3 % du vote populaire, 251 grands électeurs
  • George W. Bush (Républicain) : 50,7 % du vote populaire, 286 grands électeurs


Élection présidentielle de 2008 : Barack Obama vs. John McCain

  • Barack Obama (Démocrate) : 52,9 % du vote populaire, 365 grands électeurs
  • John McCain (Républicain) : 45,7 % du vote populaire, 173 grands électeurs


Élection présidentielle de 2012 : Barack Obama vs. Mitt Romney

  • Barack Obama (Démocrate) : 51,1 % du vote populaire, 332 grands électeurs
  • Mitt Romney (Républicain) : 47,2 % du vote populaire, 206 grands électeurs


Élection présidentielle de 2016 : Hillary Clinton vs. Donald Trump

  • Hillary Clinton (Démocrate) : 48,2 % du vote populaire, 227 grands électeurs
  • Donald Trump (Républicain) : 46,1 % du vote populaire, 304 grands électeurs


Élection présidentielle de 2020 : Joe Biden vs. Donald Trump

  • Joe Biden (Démocrate) : 51,3 % du vote populaire, 306 grands électeurs
  • Donald Trump (Républicain) : 46,8 % du vote populaire, 232 grands électeurs


Élection présidentielle de 2024 : Kamala Harris vs. Donald Trump

  • Kamala Harris (Démocrate) : 47,8 % du vote populaire, 232 grands électeurs
  • Donald Trump (Républicain) : 50,1 % du vote populaire, 306 grands électeurs


L'écart avec Trump n'est pas énorme du tout, loin s'en faut.

L'écart entre Harris en 2024 et Biden en 2020 non plus, d'ailleurs.


Aux États-Unis, le président n'est pas élu directement par le vote populaire mais par un système de grands électeurs.


Chaque État américain a un certain nombre de grands électeurs, proportionnel à sa population. En 2024, il y a 538 grands électeurs au total, et il faut 270 grands électeurs pour remporter la présidence. Autrement dit, dans l?élection présidentielle américaine, ce ne sont pas seulement les voix populaires qui comptent, mais aussi ces voix sont obtenues, d?où l'importance des grands électeurs et des États clés.


Harris a recueilli 47,8 % des voix au niveau du vote populaire, tandis que Trump a obtenu 50,1 %. Mais Trump a remporté davantage d?États clés, ce qui lui a permis de gagner 306 grands électeurs, contre 232 pour Harris. Donc, même si l?écart du vote populaire est faible, le résultat en grands électeurs donne à Trump une victoire qui apparaît aux américains comme « écrasante ».


Mais où sont passés les électeurs de Biden?

En 2020, les électeurs se sont massivement mobilisés pour voter en faveur de Biden: cette année-là, on a enregistré un taux record de participation. Ce n'est plus le cas en 2024.

Ou sont passés les démocrates qui s'étaient mobilisés pour permettre l'élection de Biden face à Trump? L'enjeu était pourtant le même.


Une défaite du parti démocrate plus qu'une défaite de Harris.


Le parti républicain n'a pas emporté que la présidentielle.


Les républicains ont repris le contrôle du Sénat en obtenant au moins 51 sièges, grâce à des victoires en Virginie-Occidentale et dans l'Ohio

Les républicains contrôlent donc l?une des chambres les plus puissantes, capable de bloquer les propositions législatives démocrates. Cela lui confère un pouvoir de décision dans les nominations judiciaires (y compris à la Cour suprême) et les accords internationaux.


Les républicains ont repris le contrôle de la Chambre des représentants, obtenant une majorité avec 218 sièges sur 435. Les démocrates détiennent 212 sièges, tandis que 5 sièges restent indécis en raison de résultats serrés ou de recomptages en cours. Les républicains contrôlent donc la Chambre et donc les finances.


C'est ça, la victoire écrasante, pas tant de Trump sur Harris mais des Républicains sur les Démocrates.


On peut donc raisonnablement penser qu'il s'agit plus de la défaite des Démocrates et de leur programme que de la défaite de Harris.


Et ça, c'est une analyse qu'aucun média traditionnel ni aucun politicien de gauche du vieux continent n'a été fichu de produire, préférant insinuer que les électeurs de Trump sont juste des abrutis racistes et misogynes.


Un peu court, comme analyse.


Le 'Projet 2025', ou quand l'avertissement des démocrates tombe à l'eau (et c'est franchement inquiétant).


Au vu de la défaite des démocrates, il est facile de reprocher à Harris d?avoir ignoré les besoins de la classe moyenne et de se concentrer sur les questions de genre et de culture.

En réalité, certaines campagnes démocrates, et Harris elle-même, ont régulièrement abordé LE sujet (THE sujet) de cette élection: le Projet 2025.

C'est au sujet de ce projet que Harris a dit de Trump que c'était un fasciste.


Une erreur de communication monumentale: à force de nazifier toutes les voix dissidentes, quand une véritable alerte doit être prise au sérieux, plus personne ne l'écoute.


NBD défend depuis ses débuts, bientôt 4 ans, le concept d'Etat de droit. Un Etat qui respecte les droits fondamentaux, se conforme aux règles qu'il édicte et ne centralise pas le pouvoir aux mains d'une personne ou d'un petit groupe de personnes.


Or, le Projet 2025, c'est exactement le contraire.


Un risque sous-estimé à cause d'un échec de communication.


Le Projet 2025 est une texte élaboré par la Heritage Foundation, un think tank conservateur qui influence le parti Républicains depuis toujours.


Ce document de près de 900 pages propose une série de réformes visant à transformer le gouvernement fédéral américain en consolidant le pouvoir exécutif.

Rappelez-vous: notre principale crainte pendant la Covid19: des exécutifs toujours plus forts, le législatif relégué au rôle de simple pousse-bouton.


Parmi les mesures phares, il est suggéré de remplacer des dizaines de milliers de fonctionnaires fédéraux par des personnes nommées pour leurs positions conservatrices, de réformer en profondeur certaines agences fédérales et d'appliquer un programme protectionniste et conservateur.


Ce projet affirme que le président doit avoir un pouvoir absolu sur le pouvoir exécutif.

On y est.


Project 2025 - The Heritage Foundation

heritage.org


Analyse des risques du Projet 2025.


Consolidation du pouvoir exécutif

Cette consolidation implique une centralisation du pouvoir, ce qui est l'apanage des régimes totalitaires et des dictatures. Cette consolidation est un danger pour l?équilibre des pouvoirs puisqu'il y aurait moins, voir plus du tout, de contrôle d?autres institutions sur les actions du président (quel qu'il soit).


Remplacement des fonctionnaires

Dans une démocratie saine, la neutralité de l'administration garantit que les institutions servent l'ensemble de la population de la même manière.


Vous me direz que ce principe n'est déjà plus tout a fait acquis, l'administration américaine pouvant être critiquée pour son homogénéité idéologique, que certains appellent wokisme.

(Wokisme qui serait un délire d'extrême droite mais que Kamala Harris revendiquait dans ses interview).

Le problème existe donc déjà.


Le Projet 2025 se propose de faire la même chose, mais à l'inverse: remplacer l'administration par des fonctionnaires acquis à l'idéologie de la Heritage Fondation.


C'est une dérive dangereuse : on continue de s'éloigner de la neutralité, mais en sens inverse.


Réforme des agences clés

Bien sûr, de nouveau, quand on analyse les écarts (pour rester politiquement correct) de la CIA (Twitter files etc), on est en droit de penser qu'il faut une réforme de toutes ces agences.

Cependant, il faudra être particulièrement attentifs à ce que ces réformes ne démantèlent pas des structures de contrôle qui servent de garde-fous contre l'arbitraire du pouvoir.

L'enfer est pavé de bonnes intentions, comme ont dit.


Rôle de la religion dans les politiques publiques

On a pas eu facile à fiche l'Eglise hors de la prise de décisions politiques, ce serait vraiment dommage (ceci n'est que mon avis) de lui rouvrir la porte.

Et dangereux aussi: on ouvre à l'Eglise et ensuite? Si on ouvre à l'Eglise, on ouvre aussi à la Mosquée, au Temple?

Elle est où, la limite?


Restrictions sur l?Avortement

My Body My Choice, j'y tiens, quel que soit le sujet.

Voilà une authentique atteinte à l?autonomie individuelle, une tentative de contrôle de la vie des femmes, et ça, c'est parfaitement inacceptable de mon point de vue.


Donald Trump a publiquement pris ses distances avec ce projet, déclarant ne pas en avoir connaissance et ne pas être d'accord avec certaines de ses propositions.

Mais c'est très clairement quelque chose à suivre de très près.

Parce que le diable se cache souvent dans les détails.


Wikipédia


(Merci à Clément Viktorovitch d'avoir attiré mon attention sur ce projet).